Henry Bernet a déjà tout d’un futur grand. Son titre junior à l’Open d’Australie 2025 et sa prestation pleine de culot aux Swiss Indoors l’automne dernier l’ont confirmé: à 19 ans, le Bâlois incarne l’un des espoirs les plus excitants du tennis suisse.
Élégant sur le court, posé et éloquent en dehors, l’ancien numéro un mondial junior a rapidement attiré l’attention. L’agence britannique Starwing Sports, qui accompagne notamment Stan Wawrinka et a longtemps travaillé avec Jannik Sinner, n’a pas tardé à se positionner. Tout comme la marque suisse On.
Autour de lui, l’encadrement est déjà solide. Henry Bernet est entraîné par Sven Swinnen, ancien coach de Dominic Stricker, et bénéficie également du regard de Severin Lüthi, fidèle lieutenant de Roger Federer, durant plusieurs semaines dans l’année. Dernière arrivée dans ce cercle de spécialistes : le préparateur physique italien Lorenzo Petrucci, passé par l’académie de Riccardo Piatti et récemment aux côtés de la Russe Liudmila Samsonova.
Un corps en chantier
Ces jours-ci, Henry Bernet se trouve à Milan, où il suit un bloc de travail intensif avec Lorenzo Petrucci. Car son principal défi du moment est physique.
«J’ai l’impression d’avoir encore grandi l’année dernière», confie-t-il en marge des Sports Awards.
Une poussée de croissance tardive qui complique la transition, déjà délicate, entre le circuit junior et le monde professionnel. «Les angles changent», résume-t-il. Officiellement, l’ATP l’annonce à 1,91m, mais cette donnée n’a pas été actualisée depuis un moment.
Patience obligatoire
Dans ces conditions, l’adaptation demande du temps — et de la patience. Une réalité parfois frustrante, surtout lorsque les résultats tardent. Cette saison, Henry Bernet n’a remporté qu’un seul match sur le circuit ITF.
«Les résultats ne sont pas extraordinaires, mais j’ai le sentiment de progresser dans mon jeu. Quand on est jeune, on veut des résultats immédiats, mais il est essentiel de penser sur le long terme», explique-t-il.
Son objectif est clair: construire un corps capable de suivre les exigences du très haut niveau.
«Je veux atteindre un niveau physique qui me permette de tenir l’intensité du circuit et de pouvoir faire confiance à mon corps.»
Étape par étape
Grand supporter du FC Bâle, Henry Bernet a déjà goûté au succès l’an dernier avec deux titres ITF à Muttenz et Lausanne, avant de se mesurer au très haut niveau lors des Swiss Indoors.
La suite s’écrira désormais sur les circuits Future et Challenger, avec un objectif simple: grimper au classement (ATP 501 actuellement). Prochaine étape après Pâques: Madrid.