Un tribunal russe a condamné mercredi à près de six de prison un humoriste pour une blague sur les anciens combattants, en pleine répression en Russie de toute critique de la guerre en Ukraine.
Artemi Ostanine a été reconnu coupable «d'insulte aux sentiments des croyants» et «d'incitation à la haine», ont rapporté les agences de presse russes. Il a reçu une peine de cinq ans et neuf mois d'emprisonnement, ainsi qu'une amende de 300'000 roubles (environ 3300 euros au taux actuel).
Violenté par les forces biélorusses
En mars 2025, lors d'un spectacle de stand-up à Moscou, il avait raconté avoir été «percuté» dans le métro par «un skateur sans jambes», un «abruti qui a sauté sur une mine», sans mentionner directement l'Ukraine et le conflit en cours. Des organisations pro-Kremlin avaient rapidement réagi à ses propos, l'accusant d'insulter les soldats ayant été blessés sur le front en Ukraine.
Quelques jours plus tard, il avait été arrêté en Biélorussie, pays voisin de la Russie, puis renvoyé en Russie et placé en détention. Selon son avocat, des agents des forces de sécurité biélorusses l'ont violenté dans une forêt avec des matraques et des électrochocs avant de le remettre à la police russe.
Avant son arrestation, Artemi Ostanine s'était défendu auprès de la chaîne Telegram d'actualités «Ostorojono Novosti» en affirmant que sa blague ne mentionnait pas le conflit en Ukraine et «n'y faisait même pas allusion».
«Terroristes» ou «extrémistes»
Il disait avoir voulu se moquer «du mendiant dans le métro qui se déplace en skate depuis 20 ans», une référence aux personnes handicapées, habillées en tenue militaire, qui mendient dans les transports moscovites. En juin dernier, alors qu'il se trouvait encore en détention provisoire dans l'attente d'un procès, les autorités russes l'ont placé sur la liste des personnes reconnues «terroristes» ou «extrémistes».
Depuis le début de l'attaque à grande échelle du Kremlin contre l'Ukraine, en février 2022, les autorités russes répriment toute remise en cause de son action militaire, à coups d'amendes et de lourdes peines de prison.