Une élue libérale-radicale s'insurge
Un tweet polémique de l'UDC met à mal ses alliances avec le PLR

Un tweet de l'UDC sur des militaires suisses musulmans en train de prier provoque la colère de certains membres du PLR. Dans plusieurs cantons, il existe des apparentements de listes entre les deux partis. Ces alliances sont dénoncées, mais semblent tenir bon.
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L'image, publiée jeudi, montre des militaires suisses musulmans en train de prier.
Photo: Leserreporter
Camilla Alabor, Peter Aeschlimann

La campagne à l'approche des élections fédérales d'octobre bat son plein – et l'UDC fait ce qu'elle sait faire de mieux: provoquer et jouer avec les limites. Jeudi, le parti a publié sur Twitter une image montrant des militaires suisses en train d'accomplir une prière musulmane. La publication est accompagnée de la légende suivante: «Quelle sera la prochaine étape? Mariages d'enfants, tribunaux de la charia, lapidation? Qui veut que la Suisse reste la Suisse vote UDC le 22 octobre!»

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Les réactions n'ont pas tardé. Sur Twitter, des internautes ont frontalement attaqué l'UDC – mais le PLR s'est lui aussi retrouvé en ligne de mire. Dans les cantons de Vaud, du Jura, de Zurich, d'Argovie, ou encore de Zoug, ce parti a conclu des alliances de listes avec l'UDC pour les élections de cet automne. Conséquence: en votant PLR dans ces cantons, on aide parfois l'UDC à obtenir un siège. Cela pourrait avoir un effet dissuasif sur les électrices et électeurs qui hésitent entre le PLR et les Vert'libéraux.

Dans un tweet, une personne interpelle par exemple directement le PLR: «Dites, c’est pas hyper xénophobe? Et vu que vous êtes alliés et que vous avez une liste commune pour le Conseil des Etats, cela ne vous concerne-t-il pas?»

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Le PLR argovien et zougois montent au front

Sabina Freiermuth est présidente du PLR argovien. Elle qualifie le tweet de l'UDC de «répugnant». La politicienne rappelle que «la liberté de croyance est ancrée dans notre Constitution fédérale». Si des Suisses font leur service militaire, elle leur en est reconnaissante.

Quant à savoir savoir si l'alliance avec l'UDC nuit aux libéraux-radicaux, Sabina Freiermuth ne se prononce pas. Mais selon la présidente de la section cantonale, le style agressif de l'UDC est rejeté même dans ses propres rangs. «Même les électeurs modérés de l'UDC n'apprécient pas cela, déclare la politicienne. Des collègues de l'UDC au Grand Conseil s'excusent régulièrement auprès de moi pour ce style politique inapproprié.»

Sabina Freiermuth dit qu'elle prendra contact avec l'UDC et invitera le parti à la modération. Le président du PLR zougois Cédric A. Schmid va dans le même sens. Il demande à l'UDC «d'argumenter de manière objective et d'arrêter de dénigrer les gens».

Les alliances résistent

Dans les deux cantons, le PLR maintient les apparentements de listes avec l'UDC. Il s'agit d'une alliance purement arithmétique, explique Cédric A. Schmid. Quant à Sabina Freiermuth, elle qualifie d'«hypocrite» le comportement des Vert'libéraux et du Centre, qui font remarquer que les voix du PLR pourraient profiter à l'UDC. En Argovie, les Vert'libéraux ont conclu un accord de liste avec le Parti socialiste (PS) et les Vert-e-s. «Celui qui vote pour les Vert'libéraux, vote aussi pour la gauche rose-verte et les Jeunes socialistes», tient à rappeler la politicienne libérale-radicale.

L'Argovienne assure avoir toujours été opposée aux apparentements de listes, mais «tant que cet instrument existe, les partis doivent y recourir».

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