Un petit garçon de 9 ans attaqué par un chien
«Il était couvert de sang et en état de choc»

Alors qu'il jouait dans le jardin avec ses amis, le petit Onid Zenuni, 9 ans, a été mordu par un chien et grièvement blessé. Ses parents souhaitent que le chien soit euthanasié. Mais les autorités se refusent à prendre cette mesure.
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Nexhat Zenuni et Magbule Zenuni sont sous le choc. Leur fils Onid, 9 ans, a été mordu par un chien du voisinage jeudi dernier.
Photo: Qendresa Llugiqi

«Mon fils a été mordu à plusieurs reprises. À la joue, au cou et à la main gauche.» Nexhat Zenuni, père de famille, est encore sous le choc. Son fils Onid, 9 ans, a été attaqué par un chien jeudi dernier. Le petit se trouvait alors à l'extérieur, dans les rues du quartier de la ville lucernoise d’Emmen. Il a dû être transporté en urgence à l’hôpital pour enfants de Lucerne.

«Comment est-ce possible?»

C’est là que Blick a pu lui rendre visite, ainsi qu’à ses parents, ce mardi. «Le chien a déchiqueté mon fils, et pourtant il peut encore se promener librement, s'insurge Nexhat Zenuni. Cette attaque n'a eu aucune conséquence sur la liberté de l'animal. Comment est-ce possible?»

Que s'est-il passé, exactement? Le petit Onid jouait dehors avec des amis lorsqu’il a brusquement été attaqué, racontent ses parents. Le chien serait sorti de nulle part, de façon complètement imprévisible. «C’est le grand frère d’Onid, mon fils aîné de 11 ans Ondi, qui est venu me chercher, poursuit le papa. Je me suis précipité dehors au pas de course, j’ai tourné au coin de la rue et c’est là que je me suis retrouvé nez à nez avec l’ambulance.»

Le père de famille ne s’attendait à rien de tel. «Ce n’est qu’en voyant les urgences que j’ai réalisé la gravité de la situation», témoigne-t-il, bouleversé. Au moment de son arrivée, Onid avait déjà reçu les premiers soins médicaux. «Mais il était encore couvert de sang et, surtout, il se trouvait en état de choc.»

Des morsures au visage

Le père de famille s'est alors retrouvé catapulté dans cette scène cauchemardesque. «Au début, je n'y comprenais rien», poursuit-il. Mais il a pu compter sur son voisinage pour obtenir des informations rapidement. Les voisins qui avaient assisté à la scène lui ont fait part du déroulement des événements.

Le colocataire du maître du chien était également présent. Il a accouru pour renseigner le papa de l’enfant. «Il m’a déclaré qu’il venait de rentrer chez lui lorsque le chien s’est faufilé dans l’entrebâillement de la porte, poursuit-il. Le canidé s’est alors précipité à l’extérieur et s'est enfui à la vitesse de l’éclair.» Tout se serait déroulé vraiment très vite. Il n'aurait pas eu le temps de réagir. «Le chien aurait traversé le jardin, sauté par-dessus la clôture et se serait jeté sur mon fils, reprend Nexhat Zenuni. Onid n’a pas eu l'opportunité de lever le petit doigt. Il a été instantanément propulsé à terre et le chien l’a mordu. Directement au visage.»

Selon sa mère, Magbule Zenuni, Onid a essayé de se défendre.
Photo: Qendresa Llugiqi

Le colocataire est-il resté les bras croisés? Non, selon ce dernier ainsi que les voisins, il se serait bien lancé à la poursuite du chien et aurait tenté de l’écarter du petit garçon. «Mais le chien ne voulait pas le lâcher. Il s’est à nouveau jeté sur mon enfant et l’a saisi au cou.»

Le fils fait des cauchemars

La mère de famille, Magbule Zenuni, est très marquée par les événements. Elle a suivi la scène de loin. «J’ai vu Onid tenter de se défendre et de repousser le chien en lui donnant des coups de poing et de pied, témoigne-t-elle. Mais le chien n’a pas lâché prise.» Selon la maman, une dame âgée se serait précipitée au secours du garçon et aurait immédiatement appelé les secours.

Depuis, l'enfant de 9 ans a un peu récupéré. Il se porte mieux physiquement. Toutefois, les stigmates de son attaque sont encore très visibles. En particulier sur son mental. Le petit garçon doit faire face à beaucoup de séquelles psychologiques. «Quand il dort, il se réveille sans arrêt en sursaut, se désole la maman. Il ne cesse de faire des cauchemars depuis l’enfer qu’il a vécu.» De plus, les médecins ne savent pas encore si les cicatrices qu'il porte pourront disparaître.

Le chien doit être euthanasié selon la famille

Toute la famille est encore traumatisée par les événements. Mais ce qui l’accable le plus est de voir le chien se promener encore dans le quartier depuis l’attaque. «Cet animal s’est comporté de manière extrêmement agressive, tonne le papa d’Enid. Nous avons très peur qu’un nouveau drame se produise.» Il ne craint pas uniquement pour sa famille, mais aussi pour ses voisins, assure-t-il. Et, surtout, pour les enfants qui jouent régulièrement dans le quartier. Que pourrait-on faire pour éviter que de tels événements surviennent? Le père ne mâche pas ses mots. «Nous demandons que le chien soit euthanasié.»

Le canidé en question serait un labradoodle. A-t-on pris des mesures pour sécuriser le quartier depuis qu’il a mordu sauvagement Onid? Un membre des forces de l’ordre aurait tenté de rassurer le père de famille ce samedi, révèle Nexhat Zenuni. L’agent lui aurait fait savoir que le propriétaire du chien devait respecter certaines précautions depuis vendredi matin. «Parmi celles-ci, le chien doit être tenu en laisse et porter une muselière.» Or, selon lui, le propriétaire ne semble pas prendre ces mesures au sérieux. «Ce vendredi soir, des voisins ont vu que le chien ne portait pas encore de muselière à l’extérieur», avance-t-il.

Les forces de l’ordre seraient au courant de cet état de fait: elles en ont été informées. Mais le maître du chien n’aurait pas été sanctionné. «Nous avons le sentiment que ni la police, ni les services vétérinaires ne nous prennent au sérieux», éructe Nexhat Zenuni. «Les autorités se renvoient la responsabilité du contrôle de ce chien qui est de toute évidence un danger pour la collectivité. Mais elles se refusent à exécuter la seule mesure ciblée qui pourrait mettre le canidé hors d’état de nuire et ainsi nous protéger: l’euthanasie du chien, que nous exigeons aujourd’hui.»

Critique incompréhensible

Qu’en dit la police lucernoise? Elle explique que lorsque l’enquête sera bouclée, le propriétaire devra s’attendre à une plainte auprès du Ministère public. Mais elle assure prendre le cas au sérieux. «Nous avons immédiatement mis en place les mesures et les investigations nécessaires», assure le porte-parole de la police Urs Wigger. Le service vétérinaire du canton de Lucerne a été informé.

Contacté, celui-ci confirme qu’il a fait le nécessaire. Le propriétaire du chien a reçu des informations par oral ce jeudi déjà. De plus, il aurait appris par écrit ce vendredi quelles mesures d’urgence il se doit de suivre. De quoi parle-t-on? «Dans le cas concret, l’obligation de tenir le chien en laisse et de le museler a été imposée», explique à Blick le vétérinaire cantonal Martin Brügger.

D’autres précautions ont été prises

Entre-temps, d’autres précautions ont été mises en place. «Depuis l’accident, nous avons observé la situation et sommes en permanence en train de l’évaluer», promet encore le vétérinaire cantonal. Le chien aurait finalement été retiré à son maître ce mardi, pour être placé dans un refuge pour animaux. Le but de la mesure: «minimiser encore le risque pour la collectivité publique», assure Martin Brügger. Entre outre, le labradoodle sera prochainement soumis à une évaluation. Il s’agira de se prononcer sur le caractère du canidé. D’autres dispositions pourront ensuite être prises sur cette base.

Le vétérinaire souhaite-t-il répondre à la critique du papa de l’enfant, Nexhat Zenuni? Nous avons pris le cas au sérieux et nous continuons à le faire», soutient-il. Le service vétérinaire n’aurait cependant pas connaissance d’une éventuelle violation des ordres qui ont été donnés au propriétaire du chien. «Le responsable de la police n’a confirmé aucune obligation au père d’Onid, atteste-t-il encore. Il lui a simplement expliqué quelles conditions pouvaient être imposées par le service vétérinaire. Et celles-ci ont été prises et appliquées.»

Blick a contacté le propriétaire du chien. Celui-ci n’a pas voulu s’exprimer, ni sur l’incident, ni sur les mesures qui lui ont été imposées.

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