Les CFF doivent faire des économies. Une lourde dette et des investissements nécessaires en Suisse pèsent sur l'entreprise ferroviaire. Mais lors de la présentation des résultats semestriels à Berne, le PDG Vincent Ducrot a annoncé vouloir développer le trafic international.
Vincent Ducrot a mentionné des liaisons pour Barcelone, Rome, le sud de la France ou encore Londres, des destinations autrefois accessibles surtout en train de nuit. Désormais, les CFF annoncent des liaisons de jour et pour ce faire, l'entreprise doit acheter des trains qu'elle utilisera en commun avec d'autres compagnies ferroviaires. «Il ne s'agit pas d'une expansion des CFF à l'étranger», précise toutefois le PDG.
Des trains en leasing?
A cause de la pression sur les coûts, la compagnie ferroviaire utilise de nouvelles méthodes de financement. Le 27 août, elle a lancé sur Simap, la plateforme d'achat de la Confédération, une présélection des trains en leasing. En d'autres termes, elle cherche des entreprises qui investiraient dans 40 trains à grande vitesse pour les mettre ensuite à la disposition des CFF. Cette méthode est plus avantageuse que l'achat et les trains à grande vitesse pourraient être mis en service dès 2030.
La compagnie devrait décider du nombre de trains à acheter au printemps 2026. Interrogé par Blick, Vincent Ducrot ne précise pas quels types de trains sont envisagés, mais précise que le choix est déjà limité. «Des trains d'Alstom, Hitachi ou Siemens, éventuellement Stadler, entrent en ligne de compte», explique-t-il.
Collaborer avec les cheminots voisins
Le trafic international se développe, ce qui pose aussi problème aux CFF. «Les lignes internationales affectent notre ponctualité, car les trains en provenance de l'étranger sont souvent en retard», explique Vincent Ducrot. De plus, les infrastructures et les stratégies de vente des autres marchés sont parfois très différentes de celles de la Suisse.
La ligne prévue pour Londres en est le parfait exemple. Pour que cette liaison fonctionne, il faudrait construire des «terminaux britanniques» à la gare de départ suisse, soit à Zurich, Bâle ou Genève. Pour des raisons d'autorisation d'entrée, de douane et de sécurité, les portes des trains devraient rester fermées pendant le trajet jusqu'à Londres, sauf si une gare sur le trajet installe également un terminal britannique. Il faudrait aussi des solutions pour contourner Paris. Les arrêts intermédiaires dans les gares urbaines sont exclus.
La liaison pour Londres arrivera... un jour
Vincent Ducrot balaie toutes les réserves émises. «Je crois dur comme fer que nous aurons un jour une liaison avec Londres», affirme-t-il. Abandonner n'est pas une option, d'autant plus que le conseiller fédéral Albert Rösti a signé un contrat.
Le besoin d'extension internationale est là, mais la pression économique l'est tout autant. Pour les trains de nuit, cela se traduit par le fait que les grands projets se sont réduits à un itinéraire de niche financé par la Confédération entre Copenhague et Malmö. Les CFF s'y rendront trois fois par semaine à partir du printemps 2026. Vincent Ducrot voit déjà plus loin. «Malmö est un point central pour d'autres destinations en Scandinavie!» Il envisage par exemple la Suède, la Norvège et même la Finlande, mais sans préciser où exactement...