Le Canton des Grisons fait un premier pas vers l'installation de parcs éoliens alpins. Ça n'a pas plu à l'UDC – qui s'en est mêlé immédiatement. À la fin de la semaine dernière, la section grisonne du parti a diffusé des visuels sur lesquels on voit des éoliennes dans les montagnes suisses. Son message: ces installations défigurent le paysage. Magdalena Martullo-Blocher a alors déclaré à Blick: «Cela me fait dresser les cheveux sur la tête.»
La conseillère nationale UDC des Grisons est en première ligne dans la lutte contre le projet. Mais elle est désormais elle-même confrontée à des vents contraires. Le conseiller d'État grison du Parti socialiste (PS) Peter Peyer a lancé une contre-attaque. Il a partagé sur Twitter un article dans lequel Magdalena Martullo-Blocher prend la parole, en commentant: «Fake News dans toute leur splendeur».
Le conseiller d'État centriste Marcus Caduff est, lui aussi, en colère. Et il l'a fait savoir: «Les éoliennes ne se placent pas en quelques clics sur l'écran.» Ainsi, l'UDC des Grisons a fait fi de toute considération paysagère.
«Le camp adverse fait peur»
Ce point de vue est partagé par Olivier Waldvogel, chef de projet auprès de l'association Suisse Eole, qui s'engage pour la promotion de l'énergie éolienne dans le pays. «Les éoliennes sont beaucoup trop grandes, réparties de manière totalement arbitraire et placées volontairement aux endroits les plus exposés afin de faire le plus de buzz possible», critique Olivier Waldvogel. Cette communication est donc clairement trompeuse, mais n'est pas un cas isolé: «Le camp adverse crée en permanence des visualisations irréalistes et fait peur.»
Mais ça ne s'arrête pas là: Magdalena Martullo-Blocher a également émis des critiques sur la méthode de travail du Canton des Grisons. Ainsi, certains critères n'auraient pas été pris en compte lors de la délimitation des zones, notamment la protection du paysage. De plus, le gouvernement grison n'aurait pas suffisamment communiqué au sujet de la consultation du plan directeur. Cela est particulièrement choquant à ses yeux, car la consultation est la seule possibilité pour les communes de donner leur avis.
61 critères pris en compte
Interrogé sur ces reproches, le conseiller d'État Marcus Caduff les rejette en bloc. Lors de la délimitation des zones, le Canton a procédé à une vaste pesée des intérêts et a pris en compte 61 critères de protection, dont la protection du paysage et de l'environnement, et même la visibilité depuis les environs.
Une conférence de presse a également été organisée, ainsi que sept manifestations dans tout le canton et trois séminaires de consultation en ligne. Les médias locaux en ont, eux aussi, fait écho.
La population aura le dernier mot
Selon Marcus Caduff, le plan directeur n'est qu'une première étape de planification. Il s'agit d'abord de définir les zones qui se prêtent en principe à l'énergie éolienne. Ce n'est qu'à l'étape suivante, le plan d'affectation, qu'il s'agira de savoir si et comment une zone doit être utilisée pour la production d'énergie éolienne. Et c'est là que le peuple aurait le dernier mot – lors d'assemblées communales ou dans les urnes.
Marcus Caduff source ses propos avec des documents accessibles au public. Ce n'est pas le cas de Magdalena Martullo-Blocher. En créant des visualisations de futurs parcs éoliens, l'UDC n'hésite pas à se montrer fantaisiste. En effet, la semaine dernière déjà, le parti s'est ridiculisé en donnant à voir des éoliennes en construction, qui n'étaient en réalité que des piliers de pont.