En Suisse, tout automobiliste le sait: les excès de vitesse sont sanctionnés. Ce que l’on sait moins, en revanche, c’est que rouler trop lentement peut également valoir une amende.
Et ce n’est pas sans raison. Sur la route, la prudence reste la règle d’or. Il est donc interdit non seulement de mettre les autres usagers en danger en roulant à toute vitesse, mais aussi de perturber la circulation en roulant inutilement lentement. Un comportement qui peut en outre pousser d’autres conducteurs à effectuer des dépassements risqués.
Pas sans raison
Certes, selon l’article 32 de la loi sur la circulation routière (LCR), il va de soi que «la vitesse doit être adaptée aux circonstances, notamment aux particularités du véhicule et de son chargement, ainsi qu’aux conditions de la route, de la circulation et de la visibilité». Il n’y a donc bien sûr aucune obligation de rouler à la vitesse autorisée de 80 km/h dans un virage, par exemple. Mais cela ne constitue pas un blanc-seing pour rouler en permanence plus lentement que nécessaire.
L’ordonnance sur les règles de circulation routière (OCR) stipule à l’article 4: «Le conducteur ne doit pas, sans raison impérieuse, rouler si lentement qu’il entrave la fluidité du trafic.» En d’autres termes: si la vitesse est limitée à 80 km/h et qu’aucun facteur (trajet, météo, visibilité, circulation) ne s’y oppose, il convient de rouler au moins à 80 km/h lorsque cela permet d’éviter de ralentir les véhicules qui suivent.
Une contravention coûte cher
Les cas sont rares et, selon différentes polices cantonales, les poursuites pour conduite trop lente sont également peu fréquentes. Le problème? Comme cette infraction n’est pas prévue dans la liste des amendes d’ordre, elle donne toujours lieu à une dénonciation pénale.
On se retrouve alors rapidement avec au moins 300 francs à débourser, ne serait-ce qu’en raison des frais de procédure: un lecteur de Blick avait rapporté il y a quelques années avoir écopé d’une amende salée de 780 francs pour avoir descendu le col du Julier trop lentement.
Mais à partir de quand est-on «trop lent»? Il est difficile de fixer un chiffre précis, car tout dépend de la situation. Celui qui négocie lentement les virages sur une route de col avec deux voitures derrière lui ne sera certainement pas verbalisé. En revanche, celui qui, sur la ligne droite qui suit, roule à 65 km/h au lieu de 80 km/h et provoque ainsi un bouchon, le sera. Et a fortiori celui qui adopte une vitesse dangereusement basse, comme 70 km/h sur une autoroute fluide.
Il suffit de laisser passer
Qu’est-ce que cela signifie concrètement? Si toutes les conditions sont idéales et que vous préférez rouler nettement en dessous de la limite autorisée, jetez un œil dans votre rétroviseur: la présence d’une file de véhicules indique soit que vous devriez au moins approcher la vitesse maximale autorisée, soit que vous devez vous ranger sur la droite dès que possible (par exemple sur une aire de dégagement) pour laisser passer les autres.
Conseil aux conducteurs lents: sur la prochaine ligne droite dégagée, ne réaccélérez pas, mais restez à vitesse modérée, serrez à droite et signalez brièvement avec le clignotant droit: «Je vous laisse passer». Conseil pour ceux qui dépassent: il est également autorisé de signaler son intention de dépasser en faisant un appel de phares.