Attendu pour 2037
Le chantier de l'A9 est sur la bonne voie mais des risques importants subsistent

L'achèvement de l'autoroute A9 en Valais reste risqué, mais le chantier progresse bien selon le CDF. La taille des travaux et l'horizon jusqu'en 2037 exigent une vigilance constante.
La collaboration Valais-Confédération s'améliore, mais les risques et coûts de l'A9 restent encore incertains.
Photo: KEYSTONE
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ATS Agence télégraphique suisse

Des risques importants subsistent concernant l'achèvement de l’autoroute A9 en Valais, mais le chantier progresse de manière globalement satisfaisante, selon un audit du Contrôle fédéral des finances (CDF). L'ampleur des travaux et l'horizon de temps étendu, jusqu'en 2037, nécessitent d'être vigilants.

La collaboration entre la Confédération et le canton du Valais s’est nettement améliorée, mais «les risques restent importants», dont les coûts ne sont pas encore chiffrés, pointe le rapport publié lundi. En Valais, conformément au partenariat en vigueur, le Service de la construction des routes nationales (SCRN) agit comme maître d’ouvrage pour les sections manquantes de l’A9, sous la haute surveillance de l’Office fédéral des routes (OFROU). La Confédération finance 96% des coûts.

Le tronçon de 31,8 km entre Sierre Est et Viège Est – trait d'union entre le Bas-Valais et le Haut-Valais – est budgétisé à 5,15 milliards de francs (état 2024). La dernière section, entre Sierre et Loèche Est, longue de 8,5 km, devrait coûter 1,477 milliard. Son achèvement et sa remise à l’OFROU sont prévus pour 2037.

Une douzaine d'années

Dans son audit, le CDF relève des progrès notables dans la coopération entre l’OFROU et le SCRN. L’office fédéral exerce sa haute surveillance «avec engagement et efficacité», mobilisant deux équivalents plein temps pour le suivi du projet. Il impose notamment le recours à des ingénieurs de contrôle pour les ouvrages complexes, procède à des analyses de risques et valide les projets de détail dépassant deux millions de francs.

L’établissement d’un plan de pilotage global constitue une avancée majeure. Cet outil permet d’optimiser le calendrier des travaux, d’identifier les dépendances entre chantiers et de soutenir la prise de décision. Un audit interne mené par l’OFROU sur le tunnel du Susten a confirmé la qualité de la planification, et ses recommandations ont été mises en œuvre.

Le CDF souligne toutefois un point d’attention: la durée du projet, qui s’étendra encore sur une douzaine d’années, entraînera inévitablement des changements de personnel. Or, certaines pratiques de collaboration se sont développées de manière informelle, au-delà des exigences minimales. L'audit recommande de formaliser ces «bonnes pratiques» afin de garantir la continuité et la stabilité de la haute surveillance dans le temps.

Complexité et incertitudes

Autre enjeu majeur: la gestion des risques et des coûts. Si le calendrier est jugé clair et structuré, les risques liés au volume de construction demeurent élevés et leurs impacts financiers ne sont pas encore entièrement chiffrés. Le SCRN prévoit d’introduire en 2025 une gestion centralisée des risques. Le CDF estime que l’OFROU devra accompagner étroitement la mise en place de cet instrument pour renforcer la maîtrise globale du projet.

En résumé, l’achèvement de l’A9 avance selon un cadre organisationnel solide et une coopération renforcée. Mais au vu des montants engagés – plus de 6,6 milliards de francs pour les tronçons encore en chantier – et de la complexité des travaux à venir, la plus grande attention reste de mise jusqu’à la livraison finale prévue en 2037.

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