Retrouver les auditeurs perdus
Le plan à 15 millions par an de Susanne Wille pour sauver la FM

En décembre 2025, la SSR avait annoncé un retour sur la FM. Le projet, estimé à plusieurs millions par an (jusqu'à 14,8 millions), se fera en trois étapes jusqu'en 2028. L'OFCOM valide une libération des fréquences dès 2026, avec des dépenses lourdes encore incertaines.
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La directrice de la SSR, Susanne Wille, promet d'émettre à nouveau sur la FM dès que possible.
Photo: Thomas Meier
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Raphael Rauch

Le revirement est intervenu peu avant la votation sur la SSR: en décembre 2025, la directrice de l'audiovisuel public Susanne Wille a annoncé que les programmes de radio du service public reviendraient à la FM. Elle n'a pas réussi à s'excuser pour les zigzags de la technique de diffusion, mais elle a tout de même admis qu'elle était désolée.

L'Office fédéral de la communication (OFCOM) a fixé la semaine dernière les nouvelles conditions-cadres pour l'attribution des concessions radio FM à ondes ultra-courtes (OUC). Bonne nouvelle pour la SSR: les fréquences actuelles ne seront pas remises au concours, mais resteront réservées. En conséquence, tout pourrait désormais aller très vite. «La libération des fréquences FM entrera en vigueur le 1er juillet 2026», fait savoir l'OFCOM.

La SSR à un rythme tranquille

Certes, la SSR a eu suffisamment de temps pour préparer son retour sur les OUC. Mais la date du 1er juillet devrait tout de même constituer un défi pour elle. Il ressort de documents internes obtenus par le SonntagsBlick que Susanne Wille prévoit un retour en trois étapes.

  • 1ère étape: en plus des 21 sites anciennement alimentés en électricité, un maximum de 24 sites d'émission existants devraient être remis en service. Cela permettrait de couvrir à nouveau environ 85% de la population en FM, notamment le long des grands axes de circulation. Cette première étape d'extension permettrait également de capter à nouveau les journaux régionaux sur OUC en Suisse alémanique. Les coûts d'exploitation s'élèvent à environ 6,6 millions de francs par an. La SSR prévoit de pouvoir émettre dans le courant du troisième trimestre 2026.
  • 2e étape: ici, la SSR se base sur 67 sites – pratiquement tous les grands axes de circulation et les agglomérations importantes au niveau régional seraient couverts par la FM – soit environ 90% de la population. Avec la première étape, cette extension coûterait 8,1 millions de francs par an et serait réalisée au plus tôt en octobre 2026.
  • 3e étape: il y aurait maintenant 156 sites d'émission, qui engloberaient non seulement les principaux axes de circulation et les agglomérations, mais aussi les principales vallées latérales dans les trois régions linguistiques. Environ 95% de la population pourrait ainsi être couverte. Coût: 14,8 millions par an – réalisable jusqu'à fin 2028.

Chaque étape d'extension doit être examinée séparément. «Après la mise en service de la première étape d'extension, on verra comment la population et la politique réagiront et combien d'auditeurs pourront être récupérés», peut-on lire dans un document interne de la SSR.

Coûts totaux incertains

«Nous reviendrons aussi vite que possible sur la bande FM, assure la SSR. Mais pour cela, il faut, outre les fréquences libérées, que plusieurs autres facteurs soient remplis, notamment l'octroi de la concession ainsi que des aspects contractuels et techniques».

La SSR ne veut pas encore se prononcer sur les coûts totaux. De même, les scénarios décrits ne correspondent plus à la situation actuelle, poursuit le service de presse – sans communiquer le statu quo. Une chose est sûre: les coûts de la FM s'ajoutent au mesures d'économie et entraîneront d'autres licenciements et suppressions de postes.

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