C’est à peine croyable! Certains employés de la ville de Bülach (ZH) semblent s’être bien amusés pendant des années… sur le dos des contribuables. C’est ce que révèle un rapport de la Commission de gestion (CdG) du Parlement, publié ce jeudi 19 février, qui met au jour ce que la ville avait jusque-là caché au public. Le rapport évoque un petit espace bien-être dans la station d’épuration des eaux usées de Furt ainsi que des paiements indus versés à des employés municipaux.
L’espace bien-être de la station d’épuration – à laquelle sont raccordées plusieurs communes voisines – comprend un sauna, une baignoire pour plusieurs personnes et une douche. Plusieurs appareils de fitness se trouvent également au sous-sol du bâtiment réservé aux collaborateurs, le tout existant depuis au moins l’an 2000.
Ces installations ont été utilisées jusqu’à l’arrivée du nouveau chef de service engagé par la ville en 2021. Aujourd’hui, il est impossible de savoir avec certitude qui en faisait usage. «Comme plus de vingt ans se sont écoulés depuis l’installation, il n’existe pratiquement plus de documents exploitables», note le rapport de la CdG. Le préjudice financier reste flou. La commission constate toutefois que les contribuables et les communes affiliées ont certainement dû assumer des coûts tels que l’électricité et l’entretien des installations.
Des indemnités indûment versées
Ce n’est pas tout: une station météorologique se trouve également sur le site de la STEP. MétéoSuisse, en tant qu’exploitant, verse une indemnité pour l’emplacement et la lecture des données. La CdG révèle que cette somme a d’abord été versée directement aux collaborateurs de la ville à titre privé. Depuis 2022, l’indemnité est versée dans la caisse de la ville. La conseillère municipale Andrea Spycher (UDC) et le maire Mark Eberli (PEV) se sont retrouvés sous le feu des critiques, et ce seulement deux semaines avant les élections à Bülach.
D'après Tamedia, la conseillère municipale Andrea Spycher était au courant de l’existence de l’espace bien-être dès l’intervention du chef de service de l’époque. Elle a d’abord réagi avec un communiqué, puis lors d'une conférence de presse, se déclarant favoranle à «une approche ouverte de ces carences» et annonçant des mesures correctives.
Elle reconnaît un manque de sensibilité et déclare: «Rétrospectivement, il aurait été indiqué de procéder à une classification politique plus poussée et d’informer le public ainsi que les communes voisines de manière transparente. Mon évaluation de l’époque, selon laquelle il s’agissait d’un sujet purement opérationnel, n’était pas suffisante du point de vue actuel.»
Le maire Mark Eberli a indiqué à la CdG n’avoir appris l’existence du sauna qu’en juin 2025. Auprès de Tamedia, il qualifie l’affaire d’«histoire peu glorieuse», tout en approuvant la démarche du chef de service comme «nécessaire et correcte». Il admet également qu’«une information au public aurait été appropriée». Les règles de conduite exigées par la commission de gestion sont actuellement en cours d’élaboration.