Pour la médecine légale
Une mystérieuse forêt vaudoise cache des corps en décomposition

Un site unique en Europe, dans le canton de Vaud, étudie la décomposition des corps humains. Créé en 2025, il permet de recueillir des données cruciales pour la médecine légale, indique le CHUV dans un communiqué du 25 février.
Un site unique en Europe, dans le canton de Vaud, étudie la décomposition des corps humains. (Image d'illustration)
Photo: KEYSTONE
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ATS Agence télégraphique suisse

Le site se trouve à l'orée d'une forêt du canton de Vaud. Son emplacement exact est cependant tenu secret, «eu égard à la nature sensible des travaux qui y sont menés», relève le CHUV, mercredi, dans un communiqué. Le lieu est en effet dédié à l'étude de la décomposition du corps humain.

Cette discipline scientifique se nomme la taphonomie humaine. Depuis l'automne dernier, le Swiss Human Institute of Forensic Taphonomy (SHIFT), unité rattachée au Centre universitaire romand de médecine légale (CURML), dispose de cette structure en plein air «lui permettant de récolter des données qui font défaut actuellement».

Car ce site extérieur de taphonomie humaine constitue une première en Europe, souligne le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV). On y trouve un laboratoire et quelques bureaux. Les corps qui y sont étudiés proviennent de personnes qui ont fait un don au SHIFT via une plateforme en ligne gérée par le CURML.

Cette structure en plein air de taphonomie humaine sera utile sur différents plans, «en Suisse et ailleurs». Le développement de nouvelles connaissances sur la décomposition des corps humains permettra notamment des avancées dans la documentation et la résolution d'affaires médico-légales.

Biocompostage funéraire

«Nous allons pouvoir progresser dans les diagnostics concernant les causes et circonstances d'un décès», explique le professeur Vincent Varlet, responsable du SHIFT, cité dans le communiqué. A l'échelle internationale, les données récoltées par les scientifiques du CHUV permettront de mieux documenter des événements humanitaires. Les travaux menés au SHIFT devraient aussi permettre d'améliorer la prise en charge des corps des victimes de catastrophes ou de conflits.

Enfin, un projet de recherche qui sera conduit sur ce site extérieur de taphonomie est consacré à l'étude du «biocompostage funéraire». Une technique «qui pourrait répondre à la problématique de la mauvaise décomposition des corps» rencontrée dans de nombreux cimetières en Suisse, explique le CHUV.

Le biocompostage pourrait aussi être une alternative à la crémation et à l'inhumation, deux pratiques «qui ne sont pas en phase avec les souhaits et les valeurs de tout le monde», note le professeur Vincent Varlet. Le biocompostage a également un moindre impact environnemental que les modes de sépultures actuels.

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