Valérie Dittli claque la porte du Centre Vaud, a appris Blick. Elle quitte le parti avec lequel elle avait décroché, en 2022, un siège historique au gouvernement vaudois. Elle entend toutefois poursuivre sa carrière politique et sera candidate à sa réélection au Conseil d’Etat en 2027 sous la bannière d’une nouvelle formation, baptisée Mouvement libéral, rapporte «Le Temps».
Cette décision intervient à quelques jours de l’assemblée des délégués du Centre Vaud, prévue le 2 septembre, qui devait se prononcer sur sa candidature à un deuxième mandat. Ces dernières semaines, le comité de présidence puis le comité cantonal avaient retiré leur soutien à la ministre. Plutôt que d’attendre un éventuel désaveu des délégués, Valérie Dittli retire désormais sa candidature à l’investiture du parti.
Son départ provoque une importante fracture au sein de la formation cantonale. Trois membres du comité de présidence quittent également leurs fonctions: la vice-présidente Jaqueline Bottlang-Pittet, Laurent Chaubert, président de La Terre au Centre, et Yannick Escher, syndic d’Henniez. A eux trois, ils représentent un tiers de cet organe dirigeant.
Les démissionnaires reprochent notamment à la direction du parti la manière dont devait être tranchée la candidature de Valérie Dittli. Ils estimaient que l’ensemble des membres aurait dû pouvoir voter, et non uniquement les délégués des sections. Les soutiens de la conseillère d’Etat dénoncent plus largement des manœuvres visant à l’écarter.
Les accusations bancaires en toile de fond
La rupture intervient surtout après plusieurs semaines de tensions particulièrement vives. Dernier épisode en date: les soupçons entourant un compte bancaire contenant quelque 22'000 francs de dons destinés à soutenir l'activité politique de Valérie Dittli.
La section Lavaux-Oron lui reproche d’avoir voulu faire transférer cet argent. Valérie Dittli conteste catégoriquement avoir tenté de vider le compte.
Un nouveau parti en vue des élections de 2027
Le nouveau Mouvement libéral entend défendre un libéralisme présenté comme pragmatique, autour de la liberté, de la responsabilité, de la solidarité et de la durabilité. La formation vise notamment les classes moyennes et les milieux ruraux, avec un discours favorable à une diminution de la fiscalité et de la charge administrative.
Valérie Dittli ne devrait officiellement pas prendre la tête du mouvement, mais en sera l’une des principales figures. Plusieurs élus et militants pourraient encore le rejoindre. L’ancien syndic PLR de Romanel-sur-Lausanne Luigi Mancini fait déjà partie des premiers ralliés, rapporte «Le Temps».
Avec ce départ, la crise du Centre Vaud change ainsi de nature. Combien de militants et d’élus entraînera-t-elle avec elle dans sa nouvelle aventure politique?