L'Ecole hôtelière de Lausanne (EHL) recevrait-elle de l'argent du lobby du tabac? L'établissement refuse de répondre à cette question, révèle «24 heures» ce jeudi. Pourtant, L'EHL a été interrogée par l'association Oxysuisse dans le cadre de son projet Transparency and Truth.
L'association a mené une enquête auprès de 31 universités, hôpitaux et hautes écoles pour connaître leurs accords finanicers avec le lobby du tabac depuis 2019. Résultat: un tiers des établissements interrogés déclare avoir encore des liens économiques avec des cigarettiers comme Philip Morris ou Japan Tobacco.
Par exemple, 36 masters et 39 stages de l'Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL) ont été faits chez Philip Morris ces six dernières années. Autre exemple: dans le cadre d'une thèse, l'Université de Neuchâtel a reçu une somme de 600'000 francs suisses venant de l'entreprise américaine. Ou encore, en 2020, l'Université de Lucerne a produit un rapport sur les avantages économiques d'une population de fumeurs.
Beaucoup à perdre et peu à gagner
Seule l'Ecole d'économie et de management de l'Université de Genève suit un code éthique interdisant tout lien financier avec l'industrie du tabac, comme le demande le Pacte mondial de l'ONU. Oxysuisse déplore ces pratiques, affirmant que les établissements ont trop à perdre et peu à gagner de ces accords financiers.