Claudio Grimaldi, physicien théoricien à l'EPFL, juge extrêmement faible la possibilité de détecter, dans un avenir proche, des signaux provenant d'une civilisation extraterrestre située au voisinage de la Terre. Ses travaux font l'objet d'une publication dans la revue «The Astronomical Journal».
Pour le chercheur, une forte probabilité de capter des «technosignatures» à quelques centaines voire à quelques milliers d'années-lumière de notre planète supposerait «qu'un très grand nombre de ces signaux» aient traversé la Terre «sans être remarqués dans le passé», écrit mardi l'EPFL dans un communiqué.
Or, cette hypothèse est très peu vraisemblable. Dans de nombreux scénarios, le nombre requis de signaux indétectés dépasse «parfois le nombre de planètes potentiellement habitables dans cette région de la Galaxie». Les chances de tomber sur des signaux civilisationnels extraterrestres sont donc quasiment réduites à zéro.
Les résultats ne changent que lorsque les recherches s'étendent beaucoup plus loin. «En partant de technosignatures de longue durée réparties dans toute la Voie lactée, leur détection devient plus plausible», souligne l'EPFL. Mais même dans ce cas, «seuls quelques signaux seraient détectables» à un moment donné.
Approche statistique
Pour effectuer ses calculs, Claudio Grimaldi a utilisé une approche statistique qui combine trois éléments, soit le nombre de contacts avec la Terre dans le passé, la durée de vie typique des technosignatures et la distance que les instruments actuels ou futurs peuvent explorer.
Les signaux de civilisations extraterrestres qui ont été pris en compte par le physicien comprennent les signaux omnidirectionnels, tels que la chaleur résiduelle provenant de grandes structures ainsi que les signaux hautement focalisés, comme ceux que pourraient émettre des balises ou des flashs laser.
L'étude «suggère que le fait que des signaux soient passés inaperçus dans le passé ne signifie pas pour autant que leur détection est imminente». Si des technologies extraterrestres existent et ont tenté d'établir un contact, elles sont plus susceptibles d'être rares et lointaines que proches et fréquentes.
Selon l'EPFL, les travaux de Claudio Grimaldi recadrent la recherche de preuves de civilisations extraterrestres comme «un effort patient et de long terme». Les recherches ne devraient pas non plus se concentrer uniquement sur le voisinage cosmique de la Terre, mais balayer «de grandes parties» de la Galaxie.