Après la Fête fédérale de lutte et des jeux alpestres de Mollis (GL) 2025, Thoune (BE) se profile à l’horizon. En 2028, les meilleurs lutteurs se disputeront la couronne royale dans l’Oberland bernois. Et pour l’édition suivante? La décision sera prise lors de l’assemblée des délégués en mars 2027. Actuellement, une chaude lutte à trois se joue en coulisses. Rien que pour la phase de candidature, les trois projets mobilisent environ 400’000 francs chacun. Blick présente leurs visions.
Neuchâtel
Le canton de Neuchâtel avait déjà postulé pour organiser la Fête fédérale de lutte en 2016, mais c’est Estavayer (FR) qui avait alors été retenu. «Nous étions bien placés, mais le tournus non officiel a profité à Fribourg», explique André Duvillard, président de la candidature. Cette fois-ci, Neuchâtel tente de nouveau sa chance.
La fête se déroulerait dans le village de Colombier (NE), entre les vignes et le lac de Neuchâtel. Le site proposé, d’environ 70 hectares, est situé directement au bord de l’eau et comprendrait un terrain d’aviation, à l’image de la Fête fédérale de lutte de Mollis. L’arène prévue pourrait accueillir 52’000 spectateurs, extensible à 56’000 si nécessaire.
Des plans spéciaux autour du château
Le trafic ne serait pas un problème, assurent les organisateurs: l’autoroute est à proximité immédiate et une ligne de train relie directement Colombier à la ville de Neuchâtel. La place d’armes toute proche offrirait de nombreuses possibilités de camping.
Un élément particulier de la candidature est le château de Colombier, qui devrait être intégré à la fête, par exemple pour la remise du drapeau. «Ce serait une belle chose», affirme André Duvillard.
Les responsables ont reçu des signaux positifs du canton, de la population et de l’Association suisse de lutte. La Fête fédérale de lutte a déjà eu lieu à Neuchâtel en 1908. «Après 123 ans, il est temps qu’elle revienne», conclut André Duvillard.
Valais
Après avoir accueilli plusieurs grands événements fédéraux, le canton du Valais souhaite désormais organiser la Fête fédérale de lutte. Le site retenu se situerait entre Rarogne (VS) et Viège (VS), sur une surface d’environ 150 hectares autour de l’aérodrome, dont seulement 70 à 80 hectares seraient nécessaires pour le terrain de fête.
L’arène serait dimensionnée sur le modèle de l'événement de Mollis. «Nous disposons d’un site idéal avec des trajets courts et d’excellentes conditions logistiques», explique Pierre-Alain Grichting, coprésident du projet. Trois gares se trouvent à proximité immédiate, dont deux accessibles en une vingtaine de minutes à pied. Les transports publics formeraient le pilier central du dispositif d’arrivée et de départ.
Deux hommes à la tête du projet
Le Valais se voit comme un pont entre la Suisse romande et la Suisse alémanique, et souhaite mettre cette cohésion en avant. Le projet est porté par les coprésidents Pierre-Alain Grichting et Egon Furrer, ainsi que par une équipe. «Nous pouvons compter sur une grande expérience dans tous les domaines», expliquent-ils. Après avoir organisé avec succès la Fête fédérale de tir en 2015 à Rarogne et la Fête fédérale de yodel en 2017 à Brigue-Glis (VS), le Valais vise désormais la Fête fédérale de lutte.
Genève
C’est de loin le projet le plus spectaculaire des trois: Genève veut accueillir la Fête fédérale de lutte et des jeux alpestres pour la première fois au cœur de la ville. «Nous voulons unir la ville et la campagne», explique Isabelle Emmenegger, responsable du projet.
Une arène en bois suisse, pouvant accueillir 50’000 spectateurs, serait intégrée aux infrastructures existantes. «Une fête accessible à pied, en tram ou en bus. C’est unique en son genre», ajoute-t-elle. Plutôt que de construire de grands bâtiments temporaires, Genève mise sur les installations déjà existantes.
Le budget pourrait ainsi être inférieur à celui des éditions précédentes, tout en rendant le prix des billets plus abordable et en incluant le billet de train. Les contours de la candidature sont déjà clairs, il ne manque plus que quelques pièces du puzzle.
Réactions positives
L’emplacement exact de l’arène et les derniers détails organisationnels devraient être finalisés dans les jours à venir. «Beaucoup de choses sont clarifiées, il reste seulement à compléter certains éléments», explique Isabelle Emmenegger. Lors d’une première inspection, l’Association suisse de lutte a réagi favorablement à l’approche de Genève. Il reste maintenant à voir comment le peuple de la lutte réagira à cette idée audacieuse.