Dénonciation pénale en Suisse
Les activistes d’extrême droite Colin Walks et Mila accusés de haine raciale

Une dénonciation pénale, rédigée par le socialiste Samson Yemane, a été déposée ce 19 février, signée par 85 personnes. Les deux militants radicaux venus de France sont accusés d’avoir enfreint la norme antiraciste suisse du Code pénal.
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Le couple d’activistes affiche des positions anti-immigrés, anti-LGBT, pro-Israël et férocement anti-islam.
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Myret ZakiJournaliste Blick

Ce 19 février, une dénonciation pénale a été déposée contre Colin Walks et Mila Orriols, pour discrimination raciale et incitation publique à la haine, a appris Blick. Colin Walks est un pseudonyme utilisé par Colin Alban Marie Aveline, un Français immigré en Suisse. Le couple d’activistes français d’extrême droite affiche des positions ouvertement pro-Israël, anti-LGBT, anti-immigration et férocement hostiles à l’islam, et vit en Valais depuis 2 ans, d’où il diffuse ses messages controversés sur les réseaux sociaux.

Images récupérées sur le compte Instagram des deux activistes.
Photo: Instagram

La lettre, adressée à la justice vaudoise, est signée par le conseiller communal socialiste Samson Yemane, vice-président de la Commission fédérale contre le racisme. Elle a recueilli les signatures de 85 citoyens et élus. 

Banalisation des discours de haine

Samson Yemane y dénonce les «propos à caractère discriminatoire» utilisés par Colin Walks et Mila Orriols sur Instagram, TikTok et Facebook, où ils cumulent des dizaines de milliers d'abonnés. Les propos, qualifiés de «stigmatisants et hostiles à l’encontre de personnes issues de la migration», sont susceptibles de nuire aux groupes visés en raison de leur origine, de leur appartenance ethnique ou de leur statut migratoire, ajoute la lettre.

Généralisations dévalorisantes, messages de rejet, éléments susceptibles d’encourager la haine: Samson Yemane estime que les deux influenceurs d’ultra-droite «contribuent à la banalisation de discours attentatoires à la dignité humaine et participent à la création d’un climat d’hostilité envers les minorités migrantes». 

Images récupérées sur les comptes Instagram de Colin Walks Mila Orriols.
Photo: Instagram

Norme pénale antiraciste invoquée

Des faits qui, selon son appréciation, sont susceptibles de tomber sous le coup de l’article 261bis, alinéa 1 du Code pénal suisse, lequel prévoit que: «Quiconque, publiquement, aura incité à la haine ou à la discrimination contre une personne ou un groupe de personnes en raison de leur appartenance raciale, ethnique ou religieuse, ou quiconque aura propagé des idéologies visant à rabaisser ou à calomnier de façon systématique ces personnes, sera puni d’une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d’une peine pécuniaire.»

Autres dispositions pertinentes du Code pénal, selon lui: celles relatives à la protection de la dignité humaine, aux injures et à la diffamation. En appui à sa lettre, Samson Yemane a récolté nombre de captures d’écran et autres éléments de preuve numériques attestant des propos et publications litigieux. Nous reproduisons ici certaines images du compte Instagram de Colin Walks.

Discours anti-LGBT et injure raciale

Cette affaire intervient alors qu’une plainte pénale a déjà été déposée fin janvier contre Colin Walks en Valais par trois associations LGBTIQ+ pour «discrimination et incitation à la haine». Il qualifiait dans une vidéo la Pride de Berne de rassemblement «fasciste». 

Mila Orriols a quant à elle été condamnée en décembre 2025 à Lyon pour injure raciale, après avoir écrit sur X: «Une immense partie des familles maghrébines sont consanguines, et beaucoup ont des visages difformes et assez laids, et de très petits fronts. Surtout les migrants chelous qui nous agressent dans la rue tous les jours.» 

Photo: Instagram

La polémiste française s’était fait connaître en 2020 en France par une vidéo dans laquelle elle critiquait très violemment l’islam après avoir reçu des insultes d’un internaute. «Votre religion, c’est de la merde», répondait-elle. Ajoutant que «le Coran, c’est de la haine» et que l’islam est une «religion de haine».

La vidéo, qualifiée d’islamophobe par de nombreux commentateurs, lui avait valu un harcèlement violent et des menaces de mort. Dans les années suivantes, elle s’est rapprochée de milieux identitaires et d’extrême droite en France, jusqu’à former un couple avec Colin Walks et déménager en Suisse.

En septembre dernier, les deux militants d’extrême-droite, qui affichent des positions fortement pro-Israël et anti-palestiniennes, s’étaient filmés en train de retirer un drapeau palestinien et d’effacer des tags propalestiniens à Vevey.

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