Il y a presque deux mois, le Conseil municipal et le comité du Syndicat intercommunal du district de Porrentruy (SIDP) décidaient d'interdire la piscine de plein air aux non-résidents suisses pour des raisons de sécurité. Cette décision avait provoqué une immense polémique.
Interrogé par Keystone-ATS, le maire de Porrentruy Philippe Eggertswyler tire toutefois un bilan positif de cette interdiction, qui prend fin le 31 août. Si bien qu'elle sera certainement prolongée de quelques semaines, soit jusqu'à la fin de la saison, qui doit intervenir courant septembre.
«Cette mesure a permis de retrouver une sérénité à la piscine. Il n'y a plus eu d'incivilité majeure», explique l'élu, parlant même d'une «forte augmentation du nombre d'abonnements» cet été. «Les gens se sont réapproprié la piscine».
«Huit mois de réflexion»
Le Conseil municipal de Porrentruy et le comité du SIDP ne savent pas encore s'ils vont réintroduire cette mesure la saison prochaine. «Nous nous donnons huit mois de réflexion, indique le maire. Mais nous ne fermons la porte à rien.»
De nombreuses voix s'étaient élevées lorsque la décision d'interdire la piscine aux non-résidents suisses avait été communiquée. Alors que certains soutenaient cette démarche, d'autres s'en offusquaient. La commission fédérale contre le racisme avait jugé cette restriction «irritante, même si elle n'est pas punissable» et allant «à l'encontre du principe constitutionnel de non-discrimination.»
L'affaire avait par ailleurs fait les gros titres des médias suisses et avait même été relayée à l'étranger, notamment sur TF1. Des journalistes de la chaîne française étaient venus en reportage dans la cité des princes-évêques.
Vingt personnes exclues
De son côté, Philippe Eggertswyler a toujours défendu une décision qu'il ne considérait pas comme discriminatoire. «Nous n'avons pas pris cette décision contre quelqu'un, mais plutôt pour la population jurassienne», explique-t-il.
Entre le début de la saison et la fin juin, plus de vingt personnes avaient été exclues et interdites d'accès à la piscine municipale pour comportements inappropriés, incivilités et non-respect des règles en vigueur. Cela concernait en bonne partie des Français, la frontière se situant à une dizaine de kilomètres du chef-lieu ajoulot.