Depuis les années 1980, le canton de Fribourg a essayé à plusieurs reprises de se doter d'une législation sur les langues officielles. Tous les projets ont été abandonnés à différents stades. La tentative en cours cherche à concilier les positions.
Le projet de loi sur les langues officielles et la promotion du bilinguisme (LLOPB) sera donc proposé à partir de mardi aux députés fribourgeois, après une mise en consultation publique pour ce qui concerne l'avant-projet qui a donné lieu à une première dans le canton de Fribourg.
Le Conseil d'Etat est convaincu que «la bonne entente entre les communautés constitutives du canton de Fribourg permet d'initier un débat serein et de renforcer encore la cohésion d'un canton dont les différences, langues et religions notamment, ont constitué une richesse commune bien plus qu'un facteur de division».
Langues traditionnelles
L'exécutif remarque aussi une évolution de la société qui place la question des langues sous un «jour nouveau». «La montée de l'anglais en Suisse et ailleurs incite les personnes qui parlent les langues traditionnelles du canton à s'unir pour défendre leurs places. L'adoption d'une langue universelle tend à tout uniformiser.»
«Tant pour la langue utilisée pour communiquer que pour la culture qui va avec», avait constaté le Conseil d'Etat dans le communiqué publié à l'occasion du lancement de la phase de consultation de l'avant-projet de loi. En défendant et en promouvant le bilinguisme, il entend ainsi «préserver le patrimoine culturel et historique».
Question sensible
«A rebours de la perception de la question des langues comme un champ de concurrence et d'hostilité», le gouvernement affirme vouloir défendre une «vision fraternelle qui repose sur le respect et la confiance mutuelle tout autant que sur l'affirmation claire des droits et obligations de chacune et chacun».
Le dernier mot reviendra au Grand Conseil d'ici à vendredi. Sachant que la question des langues demeure souvent un sujet «sensible» dans le canton de Fribourg.