A Genève, l'homme dont la compagne est morte des suites d'une brutale pénétration anale a été reconnu coupable d'assassinat par dol éventuel et de contrainte sexuelle avec cruauté. Le Tribunal criminel l'a condamné vendredi à 19 ans de prison.
Les faits se sont produits le 24 mars 2023 dans l'appartement que partageait ce couple à Vernier (GE). Les deux quadragénaires entretenaient une relation «toxique», selon le Tribunal criminel, émaillée de violences, de jalousie, de problèmes d'argent, de consommation d'alcool et de drogue.
Après des heures passées à boire ce jour-là, la femme âgée de 42 ans est allée faire une sieste. Son compagnon lui a alors infligé une ou plusieurs pénétrations anales avec son poing et/ou avec un objet. Le Tribunal criminel souligne les lésions hors normes constatées sur la victime, jusqu'à une profondeur de 42 centimètres dans le côlon.
Pas de tiers
Le Tribunal criminel a tenu compte du faisceau d'indices pour reconnaître la culpabilité de l'homme de 41 ans, qui affirmait ne pas être l'auteur de la pénétration anale. Les matières fécales retrouvées sur son avant-bras ainsi que sur une bouteille l'accablent. Tout comme son attraction précoce et constante pour la sodomie, ainsi que les traces de lutte relevées sur les deux protagonistes du huis clos.
Les juges ont clairement exclu l'intervention d'un tiers, une hypothèse émise par la défense. Pour le Tribunal criminel, l'hémorragie massive, qui a suivi la ou les pénétrations effectuées par le compagnon, a causé le décès. Il relève aussi que malgré son alcoolisation, la femme était consciente au moment des faits.
Cruel et brutal
Le Tribunal criminel retient l'assassinat, notamment en raison de l'extrême cruauté et de la brutalité dont a fait preuve cet homme, qui a déjà été condamné à plusieurs reprises pour viol et contraintes sexuelles, dès son adolescence. La femme a agonisé pendant plusieurs minutes. Son compagnon n'a pas appelé immédiatement les secours et a nettoyé le sang dans l'appartement.
En revanche, les juges écartent le dol direct et retiennent le dol éventuel. En introduisant son avant-bras avec tant de force et aussi profondément, «il a pu se rendre compte du risque létal et s'en est accommodé», estime le Tribunal. Il s'agit donc d'un assassinat par dol éventuel. Il retient aussi la contrainte sexuelle avec cruauté.
Cet homme, qui n'a manifesté aucune émotion lors de la lecture du verdict, est également reconnu coupable d'acte d'ordre sexuel sur une personne incapable de discernement. Il avait sodomisé par surprise une autre femme qui lui avait pourtant refusé cette pratique. Des faits qui s'étaient déroulés en 2022.
Expulsion de Suisse
Pour le Tribunal criminel, la faute du prévenu est extrêmement lourde. En agissant avec autant de brutalité et de cruauté, il a causé une souffrance extrême à sa victime. Son mobile, qui consistait à imposer sa toute-puissance et à assouvir ses pulsions sexuelles, est égoïste. Les juges ne retiennent aucune circonstance atténuante. La responsabilité de l'homme est pleine et entière.
Le Ministère public avait requis la prison à vie assortie d'une mesure d'internement, soit la sanction maximale. Mais pour les juges, le risque de récidive en lien avec l'homicide n'est pas assez élevé pour prononcer une telle mesure. L'homme originaire de Sierra Leone sera expulsé de Suisse pour une durée de quinze ans.
Son avocate, Me Lucie Ben Hamza-Noir, qui avait plaidé l'acquittement, envisage un appel. L'avocat de la famille, Me Robert Assaël, est quant à lui soulagé que «la voix de la victime ait pu être entendue». Et surtout que les dénégations fantaisistes de l'accusé soient balayées.