La réélection de Valérie Dittli au Conseil d'Etat vaudois, l'élection d'un groupe au Grand Conseil ou encore le lancement d'une initiative fiscale: le nouveau Mouvement libéral a présenté ses objectifs.
Après Mézières, où il a été lancé en catimini fin août, le parti a convié jeudi la presse à Ropraz, toujours dans le Jorat. En un mois, le Mouvement libéral a accueilli «moins d'une centaine de membres, mais cela progresse de jour en jour», a indiqué son vice-président Yannick Escher.
Le nombre d'adhésions reste encore modeste. Et notamment au vu du comité de soutien à Valérie Dittli, créé il y a plusieurs semaines et qui compte environ 700 personnes. «Nous n'en sommes qu'au début, les démarchages sont en cours», a relevé la conseillère d'Etat.
Parmi les premiers membres figurent des personnes qui n'étaient pas encore encartées, mais aussi des transfuges de partis «du Centre droit», a déclaré l'autre vice-présidente Jacqueline Bottlang-Pittet, sans vouloir préciser les noms de ces partis.
Elections cantonales
En l'absence de leur président Luigi Mancini, qui est toutefois intervenu par message vidéo, les dirigeants du Mouvement libéral ont annoncé que «plusieurs personnes» étaient partantes pour les élections au Grand Conseil en février prochain. Aucun nom n'a encore été dévoilé.
Le nouveau parti espère des listes dans tous les districts du canton et ambitionne de créer un groupe au Parlement, soit en faisant élire au moins cinq députés. A ce stade, aucune alliance n'est prévue avec d'autres partis. Pour le Conseil d'Etat, le Mouvement libéral mise évidemment sur Valérie Dittli, afin de contribuer au «maintien d'une majorité de centre droit» au gouvernement, a souligné Jacqueline Bottlang-Pittet.
Celle-ci a reconnu que Valérie Dittli «n'avait pas fait tout juste» depuis son arrivée au Conseil d'Etat en 2022, mais qu'elle avait «beaucoup appris». Elle a aussi fait l'éloge d'une ministre qui a «osé déranger et bousculer les habitudes, sans jamais porter atteinte à l'Etat.»
Au coeur de plusieurs affaires depuis son élection, Valérie Dittli a également reconnu des erreurs, mais assuré avoir gagné en expérience. Elle a affirmé que son énergie et sa motivation étaient «intactes», tout comme sa volonté «de ne pas détourner le regard lorsque des difficultés se présentent.»
Soutien au 12%
Le Mouvement libéral a aussi détaillé les grandes lignes de son programme. Il compte notamment lancer une initiative populaire visant à une refonte des barèmes de l'impôt sur le revenu et la fortune, ce qui est aussi un objectif du Conseil d'Etat. La récolte des signatures aura lieu "idéalement" durant la campagne pour les élections de février prochain, a dit Jacqueline Bottlang-Pittet.
Le nouveau parti souhaite aussi «mieux maîtriser les dépenses» de l'Etat. Membre du comité de direction, Françoise Crausaz a notamment évoqué un paquet d'économies de 21 à 30 millions de francs par an à l'horizon 2030, grâce notamment aux départs naturels parmi le personnel de l'Etat.
L'autonomie communale ou encore le soutien à l'agriculture figurent aussi parmi les thèmes chers au Mouvement libéral. A noter finalement que le comité du parti a dit soutenir l'initiative des 12%, soumise dimanche à la population et qui demande une baisse de 12% de l'impôt cantonal sur le revenu et la fortune. Valérie Dittli ne s'est pas exprimée sur le sujet, s'en tenant à la position du Conseil d'Etat, lequel recommande de refuser ce texte.