En bref
- Le diesel dépasse son record de 2022 dans plusieurs stations de Suisse romande, avec des prix allant jusqu’à 2,54 francs le litre.
- Les écarts entre stations sont énormes: pour un plein de 70 litres, la différence peut dépasser 40 francs selon l’endroit.
- La hausse pourrait durer, sur fond de tensions au Moyen-Orient, de pétrole cher et de fortes pressions sur l’approvisionnement en diesel.
La guerre en Iran se fait sentir jusque dans les stations-service suisses. En Suisse romande, les prix du carburant flambent. Mardi 15 septembre, le diesel a même dépassé dans plusieurs stations son précédent record de 2022, lorsque le prix moyen avait culminé à 2,40 francs le litre.
A Nyon, par exemple, le litre de diesel s’affiche à 2,47 francs dans plusieurs stations Tamoil, Coop Pronto ou Socar. Et la ville vaudoise est loin d’être un cas isolé.
Un coup d’œil au radar des prix du TCS montre des tarifs similaires dans une grande partie de la Suisse romande. A Genève, le diesel atteint également 2,47 francs au Shell des Acacias, à la Coop Pronto de Carouge ou encore au Tamoil de la Praille. Même tarif au BP de Bellevue, à l’Eni de Begnins et de Lausanne, au BP de la Blécherette, au Tamoil de Leysin ou encore au BP de Monthey. A Bursins, le prix grimpe même jusqu’à 2,54 francs le litre.
Autrement dit, cette brève énumération montre que le seuil symbolique des 2,40 francs est aujourd'hui dépassé dans de nombrueses stations romandes. Selon le dernier relevé du TCS, le prix moyen du diesel en Suisse atteint désormais 2,38 francs le litre ce mardi, soit huit centimes de plus qu’une semaine auparavant.
Des fortunes pour un plein
Pour les automobilistes, l’addition peut rapidement devenir salée. Prenons une voiture équipée d’un réservoir de 70 litres: avec un diesel à 2,47 francs, un plein complet coûte 172,90 francs. A l’inverse, avec un litre affiché à 1,89 franc au MP Biodiesel de Domdidier, le même plein revient à 132,30 francs. Soit 40,60 francs de différence pour exactement la même quantité de carburant.
Et les automobilistes pourraient ne pas être au bout de leurs peines. Les tensions au Moyen-Orient continuent de peser lourdement sur le marché pétrolier. Le trafic dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le pétrole mondial, reste fortement perturbé, tandis que l’avancée des Houthis au Yémen fait également planer une menace sur la route de la mer Rouge et le détroit de Bab el-Mandeb.
Conséquence: le baril de pétrole brut Brent évolue toujours au-dessus de 107 dollars. «Parallèlement, les capacités de raffinage au Moyen-Orient sont limitées par les attaques, et les raffineries d’essence ne peuvent pas rapidement passer au diesel», explique à Blick Marco Wölfli, porte-parole du TCS. Son constat est clair: «Le prix devrait rester élevé.»
Pourquoi le diesel souffre davantage?
L’essence sans plomb 95 est elle aussi particulièrement chère. Le TCS affiche actuellement un prix moyen de 2,10 francs le litre. Elle reste toutefois sous son record historique de 2,31 francs.
Pourquoi le diesel est-il davantage sous pression? Parce qu’il ne sert pas uniquement aux voitures particulières. Il est aussi massivement utilisé dans le transport de marchandises, l’agriculture, la construction et, dans certains pays, pour produire de l’électricité.
Cette demande beaucoup plus large rend le diesel particulièrement sensible aux tensions sur l’offre mondiale. Et lorsque l’approvisionnement se resserre, les automobilistes qui roulent au diesel sont parmi les premiers à le sentir à la pompe.