Déjà 2,30 francs le litre de Diesel!
Le prix à la pompe se rapproche dangereusement d'un sommet historique

Portés par la flambée du pétrole liée aux tensions au Moyen-Orient, les prix repartent à la hausse en Suisse. Selon le TCS, le litre de diesel atteint déjà 2,30 francs, tout près de son record historique.
Benzin Diesel Tankstelle 2026
Photo: Blicksport
Michael Hotz

Faire le plein vide de plus en plus votre portefeuille. En cause: la guerre en Iran, qui fait grimper les prix du pétrole à vive allure. Lundi, le baril de Brent a atteint 108 dollars. Conséquence: les prix à la pompe repartent fortement à la hausse. Selon le Touring Club Suisse (TCS), le litre d’essence sans plomb 95 coûte désormais en moyenne 2,05 francs en Suisse, tandis que le litre de diesel atteint déjà 2,30 francs. Des records pour 2026.

Pour une voiture équipée d’un réservoir de 50 litres, un plein d’essence revient désormais à plus de 100 francs. Et les prix pourraient se rapprocher des sommets historiques atteints lors de la crise énergétique de 2022. Après le déclenchement de la guerre en Ukraine, le prix de l’essence sans plomb 95 était monté jusqu’à 2,31 francs le litre. Le record pour le diesel s’élève, lui, à 2,40 francs. Il pourrait bientôt tomber.

Les prix du diesel ont de nouveau augmenté sur les marchés. «Cela signifie que le diesel va probablement coûter quelques centimes de plus cette semaine», explique à Blick Marco Wölfli, porte-parole du TCS. Aucune hausse comparable n’a été observée pour l’essence sur les marchés, mais son prix pourrait lui aussi encore progresser.

Photo: TCS

Le prix du mazout s’envole

Les conducteurs de véhicules diesel sont particulièrement touchés par cette flambée. Le diesel augmente généralement plus vite que l’essence, car il est considéré comme un «vecteur énergétique universel». L’essence est utilisée presque exclusivement dans le transport privé, alors que le diesel sert dans de nombreux secteurs. «Le diesel a de nombreuses applications dans l’agriculture, la construction et le transport de marchandises. Dans certains pays, il est également utilisé pour la production d’électricité. Le fait que moins de voitures de particuliers roulent au diesel est négligeable», expliquait déjà Marco Wölfli à Blick au printemps dernier.

Le diesel est par ailleurs proche du mazout, ce qui explique pourquoi leurs prix évoluent souvent de manière similaire. Or, le prix du mazout s’envole lui aussi. Vendredi, 100 litres coûtaient en moyenne près de 160 francs. De nombreux ménages hésitent à passer commande, dans l’espoir d’une baisse des prix. Mais ce pari reste hautement spéculatif, alors que le risque d’une nouvelle hausse de l’énergie demeure élevé.

La question du détroit de Bab el-Mandeb

Au Moyen-Orient, le conflit ne montre aucun signe d’apaisement. Au contraire, la situation s’est encore tendue. Les milices houthies, soutenues par l’Iran, ont renforcé leur pression en mer Rouge et dans le détroit de Bab el-Mandeb. Une évolution qui menace non seulement le transport de pétrole via le détroit d’Ormuz, mais aussi les routes maritimes passant par la mer Rouge. Pour l’Europe, il y a de quoi être inquiet: environ 12% du commerce maritime mondial, pétrole et gaz compris, transite par ce «détroit des Larmes» reliant l’Asie à la Méditerranée.

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Pour les automobilistes, le problème est clair: la guerre impliquant l’Iran maintient les prix du pétrole à un niveau élevé depuis le début de l’année. Après une brève accalmie durant l’été, les prix à la pompe repartent désormais à la hausse. Et les derniers développements au Moyen-Orient n’incitent pas à l’optimisme. «Il est clair que les tensions persistantes dans le Golfe persique, ainsi que les attaques contre les installations énergétiques et les oléoducs, alimentent les craintes de perturbations prolongées de l’approvisionnement», analyse Marco Wölfli. «Si la situation s’aggrave, les prix des carburants risquent d’augmenter jusqu’à ce que des voies de transport alternatives soient opérationnelles, que d’autres pays producteurs de pétrole augmentent leur production ou que la demande diminue.»

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