Une équipe lémanique de chercheurs est parvenue à observer en trois dimensions, à une échelle nanométrique, la façon dont des cellules immunitaires détruisent des cellules cancéreuses. Pour y parvenir, les scientifiques se sont appuyés sur une technique appelée cryo-microscopie, indiquent mercredi l'Université de Genève (UNIGE) et l'Université de Lausanne (Unil).
«Cette technique consiste à figer instantanément les cellules en les congelant à très grande vitesse, ce qui les place dans un état dit vitreux, où l'eau se solidifie sans former de cristaux et préserve ainsi fidèlement les structures biologiques», explique Virginie Hamel, du département de biologie moléculaire de l'UNIGE.
Les échantillons de cellules ainsi refroidis sont ensuite physiquement agrandis à l'aide d'un hydrogel absorbant. Une fois ces étapes effectuées, les chercheurs peuvent observer à leur guise l'organisation interne des cellules avec une grande précision, «tout en conservant leur architecture quasi native».
Grâce à cette technique, les chercheurs ont pu observer comme jamais auparavant la manière dont des lymphocytes T cytotoxiques, ces «tueurs» spécialisés de l'organisme, s'attaquent à leurs cibles en s'arrimant à elles. Les cellules immunitaires libèrent ensuite des molécules toxiques qui déclenchent la mort des cellules ciblées.
Un cadre de référence
Ces travaux établissent un cadre de référence pour analyser le fonctionnement des cellules immunitaires, indiquent l'UNIGE et l'Unil dans un communiqué. Ils pourraient contribuer à améliorer les stratégies thérapeutiques, notamment en immuno-oncologie, soulignent encore les deux institutions.
Observer directement des lymphocytes infiltrant les tumeurs et leur machinerie cytotoxique à l'échelle nanométrique permet d'étudier les réponses immunitaires dans leur contexte clinique et de mieux comprendre ce qui détermine leur efficacité, explique Benita Wolf, du département d'oncologie clinique du CHUV, dans le communiqué.