L'Etat du Valais a effectué les premiers versements de l'aide d'urgence de 10'000 francs pour chaque personne hospitalisée ou famille touchée par le drame de Crans-Montana. Ils concernent, pour l'heure, 48 victimes.
«Les dossiers sont actuellement traités au fur et à mesure de la réception des documents demandés et sont ensuite transmis à la banque pour paiement», indique jeudi le canton du Valais. Celui-ci avait annoncé le 14 janvier déboquer ce montant forfaitaire de 10'000 francs. Si le versement a pris un peu de temps, c'est qu'il a fallu procéder à «un minimum de vérifications administratives», poursuit le communiqué.
Parmi les 48 paiements déjà effectués, 14 ont été versés sur des comptes à l'étranger, 7 en France, 6 en Italie et 1 en Belgique.
Coordination intercantonale
Ces vérifications ont notamment concerné l'identification des victimes, de leurs proches ou encore des titulaires de l'autorité parentale pour les victimes mineures. Pour les personnes décédées, il a fallu déterminer si elles étaient mariées ou non. Et si tel n'était pas le cas, de réunir les informations concernant les parents. Une coordination intercantonale a été indispensable pour recueillir certaines informations.
Toutes les personnes concernées ont ensuite été contactées, afin qu'elles puissent donner leurs coordonnées bancaires. Dans certains dossiers, les montants doivent être versés sur des comptes d'avocat ou de fiduciaire, nécessitant des procurations, détaillent encore les autorités valaisannes dans leur communiqué.
Autres aides à venir
Ces 10'000 francs versés par l'Etat du Valais ne constituent qu'une première aide financière urgente. Toutes les victimes et leurs proches peuvent bénéficier de prestations d'aide supplémentaire, comme le prévoit la loi fédérale sur l'aide aux victimes d'infractions (LAVI). Les victimes et leurs proches sont invités à s'approcher d'un centre LAVI. Ils sont libres de choisir lequel, y compris en dehors du canton où a eu lieu l'événement.
Le canton du Valais va aussi prendre à sa charge les frais funéraires et de rapatriement de toutes les personnes décédées, «indépendamment de la situation financière des victimes et/ou de leurs proches», relève-t-il. Cette indemnisation, normalement prévue dans le cadre de la LAVI, est d'ordinaire conditionnée à la situation financière des ayants droit.
Le Conseil d'Etat valaisan indique encore qu'il met «tout en oeuvre» pour constituer rapidement la fondation qu'il prévoit de doter d'un montant de 10 millions de francs. Le futur conseil de fondation sera chargé d'assurer «une gestion indépendante» et «une répartition équitable» des contributions qui auront été versées par les entités publiques, des personnes privées ou des organisations.
Task-forces
Jeudi également, le gouvernement valaisan annonce qu'il a instauré deux task-forces pour coordonner les démarches dans l'administration et avoir «une vue d’ensemble». La première task-force, dite «stratégique», doit traiter de thématiques liées à la création de la fondation, aux aides d'urgence, à la coordination avec la Confédération, au soutien psychologique ou encore à la prévention incendie. Elle réunira notamment la Chancellerie ainsi que les Etats-majors de tous les départements.
La seconde, dite «juridique», regroupe des juristes de différents services concernés et mènera «des expertises juridiques sur les conséquences et implications de l'incendie.» L'Etat du Valais s'est, par ailleurs, entouré des conseils d'un cabinet pluridisciplinaire d'avocats, à savoir l'Etude Eigenmann Associés.