Le drame de Crans-Montana a mis en lumière plusieurs défaillances des autorités valaisannes, entre manquement dans les contrôles et lenteur des enquêtes. Ce lundi, le «Walliser Bote» s’intéresse à une autre affaire qui, selon le journal haut-valaisan, menace la crédibilité du canton.
En cause: la double casquette du chef de l'Office cantonal du feu (OCF) que le quotidien qualifie d’«extrêmement explosive». Philipp Hildbrand est également copropriétaire d’une entreprise familiale spécialisée dans les concepts de protection contre les incendies. Il détient 25% des parts de cette société, aux côtés de ses trois enfants.
Or, l'OCF est chargé de superviser et de coordonner les inspections en matière de lutte contre le feu. Il soutient aussi les communes dans ce domaine. Le fait que son responsable soit lié à une entreprise active dans un secteur qu’il est censé encadrer interroge et soulève la question d’éventuels conflits d’intérêts.
Aucun conflit d’intérêts constaté
Sur le plan juridique, tout serait toutefois conforme aux règles. Le canton est au courant de cette activité annexe et a donné son feu vert. «Le directeur général est son fils, qui dispose de la formation requise comme spécialiste de la protection incendie», indique l’autorité compétente. Philipp Hildbrand ne serait pas non plus impliqué dans la gestion opérationnelle de l’entreprise. Par ailleurs, seules 20% des recettes proviendraient de prestations de conseil, comme l’élaboration de concepts de protection incendie. Le canton affirme qu’aucun conflit d’intérêts n’a été constaté à ce jour.
Le fait que le canton tolère cette situation reste néanmoins «difficile à justifier», estime le «Walliser Bote» dans un éditorial. Le journal pointe aussi le système qui rend cette double casquette possible. «Il est incompréhensible que la Loi sur le personnel de l'Etat du Valais autorise explicitement de telles exceptions», écrit-il. Et le quotidien se montre catégorique: «Cela doit être corrigé. De telles configurations ne doivent plus être possibles dans des domaines de surveillance sensibles comme la protection incendie.»