L'aéroport de Sion deviendra une compétence cantonale. Le Grand Conseil valaisan a approuvé jeudi par 103 contre 24 et 2 abstentions une loi en lien avec le financement et le fonctionnement de cette infrastructure, malgré l'opposition de la gauche.
Cette loi sur la société de gestion et d’exploitation de l’aéroport de Sion vise à créer une structure capable d’atteindre l’équilibre entre l'utilité publique, la viabilité économique et la durabilité environnementale. Dans la vision cantonale, la société de gestion et d’exploitation reprendra l’ensemble des collaborateurs de l’aéroport.
Le Canton du Valais détiendra au moins 34% du capital-actions de la nouvelle société et la commune de Sion, 20%. En réalité, le Canton prendra à sa charge 80% du capital-actions à la création de la société. De son côté, la Ville de Sion a également décidé de mettre à disposition de la future société les terrains et bâtiments sous forme d'un droit de superficie. L’aéroport de Sion représente 37’000 vols pour 22’000 passagers par an.
Une volte-face
La nouvelle société ne pourra gérer et exploiter l’aéroport qu’à partir du moment où elle sera titulaire de la concession d’exploitation délivrée par le Département fédéral des transports (DETEC). Elle devra proposer des mesures visant à limiter l’impact de ses activités sur l’environnement et les riverains.
En 2024, le Conseil d’Etat avait lancé l’idée de cantonaliser l’aéroport, la concession pour les vols civils actuellement détenue par la Ville se terminant le 31 août 2031. Il avait renoncé au terme d’une période de consultation mitigée. L'exécutif avait repris le dossier en mai après l'acceptation de deux motions par la Grand Conseil en mars 2025.
Un âge maximal fixé
Conformément à la loi sur les transports publics et la mobilité douce quotidienne, l’Etat du Valais finance actuellement, comme la Ville de Sion, 50% des charges, déficit d’exploitation inclus et la moitié des investissements. Il est proposé que l'engagement du Canton atteigne 70% dès le transfert de la concession fédérale d’exploitation à la société, contre 20% à la Ville de Sion et 10% aux autres communes du canton.
Jeudi matin, lors de la discussion des 34 amendements déposés, le Grand Conseil a décidé que tous les membres du conseil d'administration de la société de gestion et d'exploitation de l'aéroport seront désignés pour une période de quatre ans et seront rééligibles, au maximum, deux fois.
Les administrateurs seront tenus de se démettre de leur fonction au terme de la période administrative durant laquelle ils atteignent l'âge de 70 ans révolus. Enfin, le Conseil d'Etat désignera les représentants de l'Etat du Valais siégeant au sein du conseil d'administration, mais pas son président.
Parmi opposants au projet, les Vert-e-s ont demandé «que les activités et les objectifs stratégiques de l'aéroport soient compatibles avec les objectifs climatiques et environnementaux du canton et de la confédération». Sans parvenir à convaincre le plénum. De plus, «il est illusoire que de croire que cet aéroport sera rentable économiquement», a lâché l'écologiste Mathieu Clerc Selon lui, les Vert-e-s réfléchissent sérieusement à lancer un référendum. Le texte a été accepté en une seule lecture.