Le Fonds national suisse (FNS) a financé l'an dernier 2442 projets de recherche, y injectant au total près de 1,2 milliard de francs. Dans son rapport annuel publié mardi, l'institution dit être de plus en plus sollicitée. Faute de moyens, elle déplore devoir refuser de nombreux projets qui mériteraient un soutien.
Pour illustrer cette inflation des demandes de financement, le FNS prend l'exemple des projets concernant la recherche fondamentale de haute qualité. En 2021, l'institution avait reçu 944 requêtes pour 774 millions de francs. Quatre ans plus tard, elle a dû évaluer 1451 requêtes pour une somme de 1,3 milliard de francs.
Chances de succès amoindries
«Cette hausse entraîne une diminution constante des chances de succès pour les scientifiques», regrette le FNS dans son rapport annuel 2025. L'an dernier, le Fonds national suisse n'a accepté que 30% des requêtes qui lui ont été soumises. Ce taux d'acceptation s'élevait encore à 36% en 2024.
«Afin de garantir l'égalité des chances», le FNS a adopté de nouvelles mesures dans le domaine de la recherche de pointe. Ces mesures, qui s'appliquent aux demandes de financement soumises dès le 1er avril 2026, consistent à limiter le nombre de requêtes par personne et les moyens demandés par requête.
L'écart va se creuser
«Au cours des prochaines années, l'écart entre la demande et les moyens disponibles ne fera que se creuser», déplore le FNS. L'institution est touchée par le programme d'allégement de la Confédération. Dès l'année prochaine, son budget sera amputé de 5%, soit près de 200 millions de moins pour la période de 2027 à 2029.
«Au départ, le Conseil fédéral projetait même de réduire de 10% le budget du FNS», rappelle le Fonds national suisse dans un communiqué. Cette mesure d'économie a toutefois été rejetée par le Parlement en mars dernier, «eu égard à l'importance revêtue par la recherche».
Avec la recherche qu'elle finance, la Suisse assure aussi sa résilience et son indépendance, écrit la direction du FNS dans son avant-propos figurant en tête du rapport annuel. Au cours des dix dernières années, le FNS a par exemple soutenu plus de 1300 projets liés à l'intelligence artificielle (IA), un domaine en plein essor.
Les concurrents n'attendent pas
«Aujourd'hui, notre pays est en mesure de développer ses propres algorithmes d'IA et de les mettre à la disposition de l'économie et de la société», relève la direction du FNS. Cette dernière souligne que d'autres Etats n'hésitent pas à accroître leurs investissements dans la recherche, surtout en période d'instabilité géopolitique.
Fin 2025, plus de 6000 projets soutenus par le FNS étaient en cours. Près de 24'000 chercheurs et chercheuses issus de hautes écoles et d'autres institutions y participaient, dont 42% de femmes et 39% de scientifiques âgés de moins de 35 ans. La proportion de chercheuses dirigeant un projet s'élevait à 35%.