Elle a vécu la nuit d'horreur à Aarau
«Si l'agresseur était venu jusqu'à nous, nous n'aurions eu aucune chance»

Une rave à Aarau a viré au drame, avec une jeune femme tuée et plusieurs blessés. Une mère de famille raconte comment elle s'est réfugiée avec neuf autres femmes dans des toilettes pendant la fusillade. Témoignage.
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Verena s'est cachée avec d'autres femmes dans les toilettes jusqu'à ce que la police n'intervienne sur les lieux.
Photo: Luisa Ita
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Marian Nadler et Luisa Ita

Une rave à Aarau a viré au drame: une jeune Italienne de 22 ans a été tuée par un ou plusieurs auteurs, tandis que plusieurs autres personnes ont été blessées. Blick s'est entretenu ce dimanche après-midi avec Verena, qui a vécu cette nuit d'horreur. Alors que cette mère de famille voulait simplement profiter d'une soirée après une longue période sans sortie, elle a finalement été témoin d’un drame mortel. 

«Nous avions très peur»

La rave s'est déroulée paisiblement. «Tout a basculé à la fin avec la fusillade», raconte Verena. Après une bonne soirée, cette mère de famille voulait rentrer chez elle: «Il n’y avait plus beaucoup de monde. Il restait surtout des gens qui avaient bu ou pris des substances.» A 2h30, la fête touchait à sa fin. 

Verena voulait passer aux toilettes avant de rentrer. C'est à ce moment là que la fusillade a commencé. Comme beaucoup d’autres personnes présentes sur place, elle a d’abord pensé qu'il s'agissait d'un feu d'artifice. Mais elle a vite compris que ce qu'il se passait était bien plus dramatique. «Nous sommes retournées nous cacher dans la cabine des toilettes.» Au total, dix femmes y auraient trouvé refuge. «Nous avions une peur bleue. Si l’auteur des faits était venu jusqu’à nous, nous n’aurions eu aucune chance.»

A ce moment-là, Verena a pensé à ses enfants. Elle entendait sans cesse des cris isolés venant de l’extérieur. Etait-ce l’agresseur qui hurlait? Les victimes? Les femmes réfugiées aux toilettes n'en avaient aucune idée. Elles ont appelé la police. «Les agents sont arrivés 20 à 30 minutes plus tard. C’est très long d’attendre là-dedans sans savoir si on en sortira vivante, si on reverra sa famille», raconte Verena. 

Y avait-il plusieurs agresseurs?

Sous le choc, elle a été prise de nausées. «Des gens n’arrêtaient pas de frapper à la porte, mais nous ne savions pas qui c’était. Il y avait constamment quelqu’un de nouveau.» Par peur, elles ont gardé la porte fermée.

Selon elle, les coups de feu semblaient provenir de l’extérieur du site du festival. Et de préciser: «J'ai eu l’impression qu'ils venaient plutôt de deux personnes que d’une seule.» Plusieurs auteurs seraient-ils donc impliqués? La police n’a, pour l’heure, pas encore de réponse. L’enquête bat toujours son plein.

«Les bras couverts de sang»

L’unité spéciale de la police argovienne est venue les chercher pour leur dire que la situation était sous contrôle. Les personnes réfugiées dans les toilettes seraient sorties les mains en l’air. En sortant, Verena dit avoir aperçu une personne blessée, allongée au sol. «Elle a été déplacée dans un coin. Il y avait des gens avec elle, sûrement des amis.» D’après son témoignage, ces dernières pressaient des linges sur une blessure à l’abdomen de la victime.

Les participants de la rave ont été emmenés dans une salle pour être interrogés par la police. «Nous étions mélangés avec les personnes blessées par balle. Elles avaient le t-shirt et les bras couverts de sang.»

Pourquoi cette attaque?

Après l’interrogatoire, ils sont montés dans un bus sous protection de l’unité spéciale. Celui-ci les a conduits à la gare d’Aarau, d’où ils ont ensuite regagné leur logement.

D'autres témoins présents dans la salle ont raconté à Verena qu'on avait tiré dans tous les sens. Il y aurait eu de très nombreux coups de feu, dont beaucoup de tirs ratés. «Je suis simplement reconnaissante d'être chez moi», explique Verena, qui se sent chanceuse. «Je suis encore sous le choc, résume-t-elle pour décrire son état d’esprit ce dimanche après-midi. Je ne sais pas trop où j’en suis.» Elle ne parvient pas à comprendre pourquoi cette rave pacifique a été la cible d’une telle attaque.

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