Une annonce crée la polémique
Cet employeur refuse toute candidature de la génération Z, jugée fainéante

Un service de soins à domicile cherche un chef d’équipe, mais refuse les candidatures de la génération Z. Ces jeunes sont jugés trop paresseux et trop souvent absents au travail.
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La mentalité au travail de la génération Z suscite régulièrement des débats animés.
Photo: Shutterstock
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Martin Schmidt

Cette offre d'emploi n'est pas passée inaperçue. Le service d’aide et de soins à domicile Fit for Care cherche un chef d'équipe en soins infirmiers. Jusqu'ici, rien de plus banal. L'entreprise suisse propose des services de soins dans les cantons de Zurich, d'Argovie et de Bâle-Campagne. Mais l'annonce précise clairement qu'un groupe en particulier ne doit pas postuler. En tête du texte publié sur jobs.ch, on peut lire: «Pas de génération Z!»

La «NZZ am Sonntag» a révélé l’annonce et interrogé l'entreprise sur cette exclusion visant toute une génération. Fit for Care n’a pas souhaité commenter publiquement.

Les jeunes, plus souvent absents?

L'annonce avance toutefois un motif: «On ne veut pas d'une mentalité 'lundi et vendredi, c'est certificat maladie'.» Une affirmation sèche qui se base néanmoins sur des chiffres concrets: selon l'Office fédéral de la statistique, les plus jeunes sont absents au travail près de deux semaines par an pour cause de maladie. Ils se classent ainsi en deuxième position, juste derrière les travailleurs proches de la retraite.

Mais cela n'a pas toujours été le cas. Au cours des 15 dernières années, les employés d'âge moyen étaient fréquemment en arrêt maladie. Depuis 2020, en revanche, l'absentéisme chez les jeunes a considérablement augmenté.

Des «gonzesses!»

La motivation au travail de la génération Z suscite régulièrement des débats passionnés. Il y a environ deux ans, l'hôtelier grison Ernst «Aschi» Wyrsch avait fait sensation en qualifiant la jeune génération de «gonzesses». «Ils abandonnent trop vite, s'agacent facilement, sont trop sensibles et tombent souvent malade», avait-il déclaré à la «Südostschweiz».

Ces critiques ne se limitent pas au secteur de l’hôtellerie. Certains estiment que les jeunes doivent apprendre à mieux gérer les conflits et les difficultés, tandis que les patrons, notamment de PME, devraient investir davantage dans l'encadrement et le management.

Le vent tourne sur le marché du travail

Ces clichés générationnels ne rendent pas justice aux personnes nées entre 1997 et 2012. Mais le vent tourne sur le marché. Les chiffres actuels du chômage montrent que les employeurs ne boudent pas particulièrement les jeunes, notamment en raison de la pénurie de main-d'œuvre qualifiée dans de nombreux secteurs. Cette période semble aujourd'hui révolue.

Il y a trois ans, les dirigeants critiquaient encore la génération Z à demi-mot, explique Pascal Scheiwiller, CEO d’Alixio Group Suisse, à la «NZZ am Sonntag». Selon lui, son éthique du travail et ses valeurs au travail sont souvent mal perçus par leurs supérieurs plus âgés, qui leur reprochent d'exiger beaucoup sans toujours fournir autant.

Face à la polémique, Fit for Care a supprimé de son site les références à la génération Z et à la «mentalité arrêt maladie». L’annonce initiale reste toutefois visible sur jobs.ch. En Suisse, pointer du doigt une génération particulière dans une offre d’emploi n’est pas illégal.

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