Le patron de Roche, Thomas Schinecker, fait pression dans une interview pour que le prix des nouveaux médicaments en Suisse soit revu à la hausse. Le patron du groupe pharmaceutique montre les conséquences que cela aurait si la Suisse n'augmente pas les prix.
«Refuser une rémunération adéquate (...) mettrait automatiquement en péril le lancement de nouveaux traitements», a déclaré M. Schinecker dans une interview publiée dimanche dans la «SonntagsZeitung» et le «Matin Dimanche».
La Suisse a le plus à gagner... et à perdre
Alors que la Maison Blanche a annoncé vendredi un accord pour réduire le coût des médicaments avec neuf nouvelles entreprises, dont Genentech, la filiale américaine de Roche, Thomas Schinecker estime que la Suisse est le pays qui a «le plus à gagner et le plus à perdre» dans la nouvelle équation.
Sans vouloir révéler les détails «confidentiels» de l'accord, il explique: «l'objectif est que tous les pays participent de façon plus équilibrée au financement du progrès médical et de l'innovation pharmaceutique». «Par ailleurs, l'administration américaine souhaite que les prix des médicaments récemment commercialisés soient, à l'avenir, harmonisés dans huit pays: Danemark, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Japon, Canada et la Suisse», ajoute-t-il.
Moins d'emplois
«Donald Trump entend donc réduire la part des États-Unis dans le financement des nouveaux médicaments et faire en sorte que la Suisse et d'autres pays contribuent davantage», en fonction de leur puissance économique, selon lui. Ainsi pour ceux avec un PIB par habitant supérieur à celui des États-Unis, cela se traduira «par un prix plus élevé», a-t-il poursuivi en précisant que les prix des médicaments déjà sur le marché ne seront pas affectés.
Si la Suisse ne s'ajuste pas, «cela aurait évidemment des conséquences», avertit le patron en rappelant que l'industrie pahmarceutique représente 10% du PIB du pays et génère quatre milliards de francs par an de recettes fiscales. Pour Roche cela signifierait «moins de chiffre d'affaires», moins d'impôts, d'investissements dans la recherche, moins de création d'emplois pour le groupe qui emploie 15'000 personnes en Suisse, détaille le dirigeant.