Mauvaises nouvelles pour les propriétaires
Les taux hypothécaires repartent à la hausse, malgré le taux zéro de la BNS

Malgré un taux directeur maintenu à 0% par la Banque nationale suisse, le coût des hypothèques s'est renchéri au terme de l'an dernier. Les taux fixes ont progressé au quatrième trimestre, sous l’effet des marchés et des marges bancaires.
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Au quatrième trimestre 2025, le prix des hypothèques a augmenté.
Photo: Shutterstock
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Solène MonneyJournaliste Blick

Alors que la Banque nationale suisse (BNS) maintient son taux directeur à 0%, les propriétaires et futurs acheteurs font face à une réalité bien moins favorable: les taux hypothécaires ont recommencé à se renchérir. Au quatrième trimestre 2025, les taux indicatifs des hypothèques à taux fixe ont nettement progressé, atteignant fin décembre 1,61% sur cinq ans et 1,91% sur dix ans, selon le dernier baromètre de Comparis publié mardi 13 janvier.

Cette hausse peut surprendre. L’inflation, qui justifie les décisions de la BNS, a pourtant fortement ralenti et s’est établie à 0% en novembre sur un an. Mais le lien entre taux directeur et hypothèques n’est pas automatique. «La récente hausse des taux hypothécaires est due à la hausse des taux du marché des capitaux et à l’élargissement des marges bancaires», résume Dirk Renkert, expert Argent chez Comparis.

Toutes les hypothèques touchées

Toutes les formes d’hypothèques sont concernées. Les hypothèques Saron de premier rang se situent désormais entre 0,8 et 1,2%. Les taux fixes sur cinq ans oscillent entre 1,2 et 1,6%, et ceux sur dix ans entre 1,5 et 1,9%. Des niveaux clairement supérieurs à ceux observés quelques mois plus tôt. «L’augmentation de la marge des hypothèques Saron est la plus visible, car leur taux d’intérêt est déterminé exclusivement par la marge depuis l’introduction du taux zéro par la BNS», commente Dirk Renkert.

Face à cette évolution, les emprunteurs ajustent leur stratégie. Si les hypothèques à long terme restent dominantes, un glissement s’opère vers des durées de huit ou neuf ans. Moins coûteuses que les contrats sur dix ans, elles permettent de conserver une certaine sécurité tout en respectant un budget maximal. Selon les données de HypoPlus, la part de ces durées intermédiaires a plus que triplé en un an.

Essentiel de négocier

Le contexte international ajoute à l’incertitude. La Banque centrale européenne maintient ses taux à 2%, tandis que la Réserve fédérale américaine les a abaissés à 3,5%, sur fond de doutes économiques et politiques. Des décisions qui influencent indirectement les marchés financiers, et donc les hypothèques en Suisse.

Dans ce climat, une règle s’impose: négocier devient crucial. Comparis souligne que l’écart entre taux indicatifs et meilleurs taux obtenus peut représenter plusieurs dizaines de milliers de francs d’économies sur la durée d’une hypothèque. Un levier essentiel, alors que les taux immobiliers ne suivent plus docilement la politique de la BNS.

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