En bref
- Selon Proton, deux utilisateurs sur trois confient déjà des sujets sensibles à l’IA, mais moins d’un sur cinq fait confiance aux entreprises du secteur
- La facilité d’accès et la peur du jugement favorisent ces usages, surtout pour les finances, la carrière et la santé mentale
- Les IA thérapeutiques se multiplient malgré des risques signalés, tandis que Proton lance AI Paper Trail pour montrer ce que ChatGPT ou Claude savent des utilisateurs
Un symptôme dont on a trop honte pour en parler à son médecin, des soucis d'argent qui empêchent de fermer l'œil à 3h du matin. Autant de sujets que l'on confie, peut-être un peu trop facilement, à l'intelligence artificielle. Selon une étude publiée ce jeudi 24 septembre par Proton, environ deux utilisateurs sur trois ont déjà abordé au moins un sujet sensible avec une IA. Paradoxalement, moins d'une personne sur cinq dit faire confiance aux entreprises du secteur lorsqu'il s'agit de ses données sensibles.
Comment expliquer ce paradoxe? Sans surprise, l'étude met en avant la facilité d'accès à ces outils, mais surtout la peur du jugement sur des sujets tabous, qui pousse les gens à se tourner vers les IA. Si les amis et la famille restent les interlocuteurs privilégiés pour les sujets les plus intimes, l'IA gagne du terrain dans certains domaines, notamment les conseils financiers et les questions de carrière, relève l'étude.
En février 2026, une autre étude montrait que de plus en plus de femmes préfèrent se confier à ChatGPT plutôt qu'à leur partenaire, c'était le cas de 28% des sondées. L'étude de Proton, menée auprès de quelque 4000 répondants en France, en Allemagne, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, montre que l'écart se réduit entre la confiance accordée aux humains et celle accordée à l'IA en matière de conseils (38% contre 40%).
Les sujets les plus abordés varient selon les pays, les Allemands évoquent plutôt leur santé mentale, les Américains leur carrière, et les Français leurs finances et leur épargne.
La santé mentale toujours plus abordée avec les IA
Plus largement, les IA qui viennent jouer le rôle de véritables thérapeutes se multiplient en ligne. De plus en plus de personnes, parfois faute d'obtenir un rendez-vous, se tournent vers ce type de solutions.
Une pratique qui n'est pas sans risques, préviennent les spécialistes qui se montrent optimiste. «Je ne suis pas inquiète, je pense que l'humain est un être tellement complexe qu'on aura toujours besoin de professionnels pour adresser les problèmes», répondait à Blick Cathy Maret, membre de la direction de la Fédération suisse des psychologues.
Que savent ChatGPT et Claude sur vous?
L'étude publiée ce jeudi par l'entreprise genevoise Proton – qui développe elle-même des solutions d'IA – avance qu'une personne sur deux serait plus encline à partager des informations sensibles si les entreprises garantissaient que les conversations ne serviraient pas à entraîner des modèles d'IA.
La société genevoise a d'ailleurs lancé début septembre un outil gratuit qui permet de mesurer la quantité d'informations détenues par les géants de l'intelligence artificielle. Baptisé AI Paper Trail, il analyse l'historique de conversations exporté depuis ChatGPT ou Claude. De quoi se rendre compte qu'on est parfois un peu trop bavard, et, au passage, promouvoir Lumo, l'agent conversationnel de Proton. L'entreprise assure que son outil «ne conserve aucun journal de vos conversations».