2.41 francs le litre
Les agriculteurs veulent faire payer la hausse du diesel aux consommateurs

Le diesel a atteint un record de 2,41 francs le litre, alourdissant les coûts des exploitations agricoles. L’Union des agriculteurs veut répercuter ces hausses sur les prix. Berne ne prévoit pas de mesures supplémentaires.
1/5
Dans le secteur agricole, les tracteurs consomment de grandes quantités de diesel.
Photo: Sven Thomann

En bref

Généré par l’IA, vérifié par la rédaction
  • Le prix du diesel pèse fortement sur les exploitations agricoles, notamment en raison des coûts élevés liés aux machines et à l’irrigation.
  • Les agriculteurs ont peu de marge pour absorber cette hausse, car leurs prix de vente sont souvent fixés à l’avance et ne couvrent pas nécessairement les coûts supplémentaires.
  • Les agriculteurs demandent des mesures de soutien, mais la Confédération estime pour l’instant que les dispositifs existants sont suffisants.
Janic Urech

Les prix actuels du carburant donnent bien du fil à retordre à l’agriculteur Markus Lüscher. A la station-service, il lui est difficile de voir s’afficher les prix à la pompe. Ces derniers jours, le diesel a atteint un niveau record de 2,41 francs le litre. «Si la situation ne revient pas rapidement à la normale, cette hausse devra se répercuter sur les prix tout au long de la chaîne de valeur», explique Markus Lüscher.

Des milliers de francs de coûts supplémentaires

Dans son exploitation de Schalunen, dans le canton de Berne, Markus Lüscher consomme entre 9000 et 12'000 litres par an en moyenne. «Cela varie en fonction de la quantité d’eau nécessaire à l’irrigation», précise-t-il. Les pompes utilisées pour l'irrigation fonctionnent elles aussi au diesel.

Depuis le début de l'année, le prix du diesel a augmenté de 60 centimes, soit une hausse de plus de 30%. Si les prix étaient restés à leur niveau actuel toute l'année, le carburant aurait coûté plusieurs milliers de francs supplémentaires à l'exploitation de Makus Lüscher.

L'agriculteur doit donc supporter lui-même ces coûts supplémentaires. «Le prix du diesel fait partie du risque entrepreneurial, nous ne pouvons pas le répercuter», explique-t-il. C’est précisément là que se situe, selon lui, le problème: alors que les concombres, pommes de terre et betteraves sucrières qu'il livre sont rémunérés à un tarif forfaitaire, il doit payer un supplément lié au diesel pour les différents services auxquels il fait appel dans le cadre de la production.

Markus Lüscher souhaiterait pouvoir répercuter ces coûts supplémentaires sur le prix payé par les acheteurs de ses produits. «On n’y est pour rien s’il y a la guerre là-bas. Ce n’est pas notre problème. Nous devons tout de même garantir l’approvisionnement alimentaire à l’échelle nationale.»

L'Union des agriculteurs réclame des prix plus élevés

Certaines associations agricoles formulent des revendications similaires. «Notre objectif est de permettre aux exploitations agricoles de répercuter la hausse de leurs coûts de production sur les prix de leurs produits», écrit l’Union des agriculteurs, interrogé par Blick.

En France, l’Etat a décidé de soutenir les agriculteurs en suspendant temporairement la taxe sur le gazole agricole, faisant ainsi baisser son prix. L’agriculteur bernois espère que la Suisse prendra, elle aussi, des mesures similaires. «Ici aussi, dans l’intérêt de la sécurité alimentaire et son approvisionnement en Suisse, une baisse du prix du diesel devrait être envisagée.» Les agriculteurs peuvent d’ores et déjà demander le remboursement de la taxe sur les huiles minérales, au motif que leurs véhicules sont moins utilisés sur les routes. Ce dispositif permet de reverser chaque année entre 60 et 70 millions de francs aux exploitations agricoles.

Pour l’heure, l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG) ne juge pas nécessaire de prendre des mesures supplémentaires. «L'OFAG suit de près la situation et l'évolution des prix des moyens de production agricoles, dont font également partie les carburants.» L'OFAG estime lui aussi que cette hausse pourrait se répercuter sur les prix à la consommation.

«Nous avons déjà réduit tous les coûts au strict minimum»

Selon Markus Lüscher, les exploitations agricoles n’ont désormais plus guère de marge pour réaliser des économies. «Nous avons déjà réduit tous les coûts au strict minimum. Nous utilisons des pompes très performantes et économes en énergie, et nos gros tracteurs sont tous à la pointe de la technologie.»

Quant aux tracteurs électriques, ils ne constituent pas encore une véritable alternative au diesel, estime l’Union des agriculteurs: «Il existe certes déjà quelques modèles électriques, mais leurs performances restent limitées.» La Confédération a pourtant tenté de soutenir financièrement leur acquisition, mais cette aide a suscité peu auprès des agriculteurs.

Articles les plus lus