Si certains records battus font plaisir, ce n'est certainement pas le cas de celui-là: le prix moyen du diesel n'a jamais été aussi élevé en Suisse. Actuellement, le litre coûte 2,41 francs à la pompe, comme l'a annoncé le Touring Club suisse (TCS) vendredi matin.
Certaines stations-service connaissent des prix encore plus vertigineux. A la station Shell de la Zürcherstrasse à Winterthour (ZH), les conducteurs de véhicules diesel doivent débourser 2,52 francs par litre. A Altdorf (UR), le litre est vendu à 2,47 francs.
En l’espace d’une semaine, le prix a augmenté de onze centimes. Le précédent record historique remontait à 2022, le litre s'élevant à 2,40 francs. Cette hausse a été provoquée par la guerre en Ukraine et l'impact sur les infrastructures énergétiques.
Le prix de l'essence sans plomb 95 continue lui aussi de grimper: il atteint désormais 2,10 francs le litre, soit une hausse de cinq centimes en une semaine. Le record historique est toutefois encore loin d'être atteint. Au début de la guerre en Ukraine, le litre coûtait en moyenne 2,31 francs aux pompes suisses.
Les guerres font grimper les prix des carburants
Selon le TCS, ce nouveau record historique est dû à plusieurs facteurs. A commencer par la situation à Téhéran. «La guerre en Iran et les perturbations des flux pétroliers au Proche-Orient exercent une forte pression sur les marchés du pétrole brut», indique le communiqué. A cela s’ajoutent les effets de la guerre en Ukraine. Les exportations de diesel et d’essence en provenance de Russie ont en partie complètement cessé. Pour résumer, l'offre de diesel sur les marchés internationaux est particulièrement tendue.
La Suisse est récemment été confrontée à des difficultés logistiques. La raffinerie de Cressier (NE), qui couvre près de 30% des besoins suisses en produits pétroliers, a dû suspendre son activité durant plusieurs jours à cause d'un problème technique. C'est pourquoi la Confédération a autorisé début septembre de prélever jusqu’à 30'000 mètres cubes d’essence et de diesel sur les stocks obligatoires.
Autre facteur qui aggrave la situation: le niveau d'eau très bas sur le Rhin. Les bateaux ne peuvent plus charger autant de marchandises qu'avant – et donc de carburant. Une situation qui fait exploser les prix. «Les coûts de transport entre Rotterdam et Bâle s’élèvent désormais à plus de 220 francs par tonne, contre 22 à 28 francs en temps normal», souligne le TCS. Selon ses calculs, cette hausse représente à elle seule 15 centimes par litre sur le prix à la pompe. Malgré ces surcoûts, l’approvisionnement de la Suisse demeure assuré.