Le diesel coûte déjà 2,52 francs!
L'Europe passe à l'action face à la flambée du carburant, le Conseil fédéral reste passif

Les prix des carburants ne cessent de grimper. A la station-service, le prix du diesel a désormais franchi la barre des 2,50 franc, un nouveau record historique. Pourquoi le Conseil fédéral reste-t-il les bras croisés?
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Record à la pompe: dans cette station-service Shell de Winterthour (ZH), le litre de diesel coûte désormais 2,52 francs.
Photo: Michael Hotz
Nathalie Benn

En Suisse, le trajet jusqu'à la station-service coûte un bras aux automobilistes. Actuellement, le prix du litre d'essence sans plomb 95 s'élève en moyenne à 2,10 francs et le diesel 2,41 francs.

Certaines stations-service affichent des prix encore plus élevés: le diesel coûte jusqu'à 2,47 francs le litre. La situation est encore plus extrême à Winterthour (ZH): dans une station-service Shell située à la Zürcherstrasse, le prix du diesel grimpe à 2,52 francs le litre!

Un nouveau record historique, qui dépasse celui enregistré au lendemain de la crise énergétique déclenchée par la guerre en Ukraine en 2022. A l’époque, le litre de diesel ne coûtait «que» 2,40 francs.

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Chez nos voisins du Nord, les prix des carburants atteignent eux aussi des niveaux records. En Allemagne, selon l’ADAC (Automobile-club allemand), le litre d’essence sans plomb 95 se vend en moyenne à 2,10 francs, contre 2,17 francs pour le diesel. Mardi, le prix du super E10 a signé un quatrième record consécutif. Face à cette flambée des prix à la pompe, comment les automobilistes de nos voisins réagissent-ils?

L’Italie exonère des millions d’automobilistes d'une taxe

Faire le plein en Italie n'est pour l'instant pas trop cher: l’essence sans plomb 95 coûte en moyenne 1,90 franc, contre 2,02 francs pour le diesel. L'administration Giorgia Meloni a toutefois décidé d'anticiper: aucune taxe automobile ne sera prélevée sur certaines voitures particulières et motos durant l'année 2027. C’est ce qu’a annoncé ce jeudi la Première ministre italienne.

Pour les voitures, l’exonération concerne les véhicules d’une puissance maximale de 80 kilowatts, soit environ 109 ch. Chaque personne ne peut en outre en bénéficier que pour un seul véhicule.

Prévue pour une durée d’un an dans un premier temps, cette exonération fiscale pourrait toutefois être prolongée. Le ministre italien de l’Economie, Giancarlo Giorgetti, a en effet indiqué que le gouvernement souhaitait rendre cette mesure permanente.

La France prolonge ses subventions

La France réagit elle aussi à l’explosion du carburant. L'Etat a décidé de venir en aide aux catégories professionnelles particulièrement touchées par la flambée des prix: les aides au carburant destinées à l’agriculture, au bâtiment et à la pêche sont prolongées jusqu'à la fin de l'année.

Pour les pêcheurs, l’aide est revue à la hausse, passant de 25 à 35 centimes par litre. Les entreprises du bâtiment et les agriculteurs continuent, quant à elles, de bénéficier d’une subvention de 20 et 15 centimes par litre de diesel, respectivement, pour leurs engins et machines.

Par ailleurs, le groupe pétrolier TotalEnergies a instauré, il y a environ cinq mois, un plafonnement des prix dans ses stations-service. Le litre d’essence y est vendu à 1,99 euro maximum, tandis que celui de diesel ne dépasse pas les 2,25 euros.

Y aura-t-il à nouveau une aide à la station-service en Allemagne?

L’Allemagne n’a pas encore adopté de mesures concrètes pour soulager les automobilistes. Friedrich Merz a toutefois formulé une promesse mardi: «Vous pouvez partir du principe que nous présenterons très bientôt une proposition à ce sujet.» Le chancelier allemand n’a, pour l'heure, pas donné de précisions supplémentaires.

«Je pense que si l’on agit rapidement, cela pourrait être mis en place dès le 1er octobre», déclare de son côté à l'ARD le chef du groupe parlementaire de l’Union au Bundestag, Thorsten Frei. De nombreux responsables politiques allemands militent en faveur d’une nouvelle réduction sur le prix du carburant, comme celle qui avait déjà été mise en place dans le pays de mai à juin passé.

Le Conseil fédéral ne voit «aucune nécessité de prendre des mesures»

Et la Suisse dans tout ça? Le statu quo. «Dans l’ensemble, la situation actuelle n’est pas comparable à celle de 2022, lorsque les prix de l’énergie avaient très fortement augmenté après la guerre en Ukraine», justifiait le 2 septembre passé le Conseil fédéral, en réponse à une motion du conseiller national UDC Thomas Knutti. Et d'ajouter: «Le Conseil fédéral ne voit actuellement pas la nécessité de prendre des mesures, mais suit attentivement l’évolution de la situation.» A Berne, rien ne semble indiquer une quelconque évolution.

Le 8 septembre, l’Office fédéral de l’approvisionnement économique du pays (OFAE) a toutefois autorisé le prélèvement allant jusqu’à 30'000 mètres cubes d’essence et de diesel dans les stocks obligatoires. Cette décision faisait suite à une panne technique survenue à la raffinerie de Cressier (NE), qui avait contraint le site à interrompre temporairement sa production. La panne a, depuis, été réparée.

Cette mesure avait pour objectif de garantir l’approvisionnement du pays, et non de faire baisser les prix à la pompe. Les carburants prélevés dans les stocks obligatoires sont en effet vendus au prix du marché en vigueur, précise à Blick un porte-parole de l’OFAE.

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