Un expert fait le point
La police a-t-elle une chance d'arrêter le tueur?

Plus de 24 heures après les coups de feu tirés lors d’une rave party à Aarau, les auteurs sont toujours en fuite. Alors que l’enquête se poursuit, la police suisse a lancé des recherches au-delà des frontières.
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Après la fusillade survenue lors de la rave d'Aarau, une chasse à l'homme nationale et internationale a été lancée.
Photo: keystone-sda.ch
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Marian Nadler

Plus de 24 heures après les coups de feu tirés lors d’une rave party à Aarau, les auteurs sont toujours en fuite. Maria S.*, une Italienne de 22 ans domiciliée en Suisse, a été tuée dans l’attaque. Cinq autres personnes ont été blessées, dont certaines grièvement. L’enquête bat son plein. Blick répond aux principales questions sur l'opération policière.

Quels moyens ont été mobilisés?

«Actuellement, la quasi-totalité des forces de police argoviennes est mobilisée sur place», a déclaré dimanche après-midi le porte-parole Bernhard Graser. Plus de 100 policiers auraient été déployés. Les secours étaient également présents, tout comme les pompiers, les ambulanciers, l’unité cantonale de gestion des catastrophes (KKE) et un hélicoptère Super Puma de l’armée. Le secteur de Schachen a été largement bouclé et des contrôles d’identité ont été menés à tous les points d’accès dans la région.

Pourquoi la police a-t-elle levé l’alerte aussi vite?

Quelques heures après les tirs, la police cantonale argovienne a indiqué qu’il n’y avait plus de danger pour la population. A ce moment-là, pourtant, le ou les auteurs n’avaient pas encore été arrêtés. La situation était-elle vraiment sous contrôle?

La levée de l'alerte concernait avant tout le lieu de l’attaque, rapidement sécurisé par les forces d’intervention. Cela ne signifie toutefois pas nécessairement que les auteurs présumés, en fuite et potentiellement armés, ne représentaient plus aucune menace.

Lorsqu’un suspect prend la fuite, le travail de la police se divise entre prévention et enquête pénale. Les forces de l’ordre évaluent en permanence si les auteurs sont encore susceptibles d’attaquer ou de menacer d’autres personnes. Si ce risque est jugé faible, la recherche des suspects devient prioritaire: où se trouvent-ils, comment les identifier et comment les interpeller?

Les recherches et l’enquête se poursuivent. Le secteur de Schachen, à Aarau, est donc resté bouclé dimanche, même si les autorités supposaient que les auteurs avaient déjà quitté les lieux depuis longtemps.

Comment se déroule la coopération internationale?

En plus des mesures de recherche nationales, comme l’inscription dans le système suisse Ripol, des recherches internationales sont généralement lancées dans ce type d’affaire. «Dans un premier temps au sein de l’espace Schengen, par le biais d’un signalement dans le Système d’information Schengen, le SIS», explique à Blick Stephan Reinhardt.

Cet ancien commandant de la police cantonale argovienne précise que ce dispositif permet d’informer immédiatement les autorités policières aux frontières, dans les aéroports et dans les gares. Les caractéristiques connues des auteurs présumés peuvent aussi être transmises à toutes les autorités policières des Etats membres de l’espace Schengen. Les pays concernés peuvent ainsi rechercher les suspects sur leur propre territoire.

Selon l’agence de presse allemande DPA, la police allemande a également participé aux recherches. Mais que cela signifie-t-il concrètement? Les autorités suisses ont informé leurs homologues allemandes de la présence de suspects en fuite et de la chasse à l’homme en cours. Depuis Aarau, la frontière allemande se trouve à moins d’une heure de route.

Un porte-parole de la police de Fribourg-en-Brisgau a toutefois refusé de préciser quelles mesures étaient prises côté allemand. Stephan Reinhardt évoque, parmi les mesures immédiates possibles, des contrôles d’identité renforcés aux points de passage frontaliers les plus proches.

Y a-t-il des contrôles renforcés à la frontière?

Indépendamment de la tragédie, l’Allemagne mène déjà des contrôles temporaires à ses frontières intérieures afin de lutter contre l’immigration irrégulière et le trafic d’êtres humains. La police fédérale allemande est également habilitée à effectuer des contrôles jusqu’à 30 kilomètres à l’intérieur du territoire. Si l’enquête devait fournir des éléments concrets en direction de l’Allemagne, les autorités allemandes pourraient adapter ou renforcer leurs recherches.

Quelle est la probabilité que les auteurs soient tout de même appréhendés?

«Le succès dans ce type d’affaires dépend de nombreux facteurs», souligne Stephan Reinhardt. Il cite notamment les auditions de témoins, l’analyse des armes et des munitions, ainsi que l’exploitation des images disponibles.

Plusieurs éléments compliquent toutefois la tâche des enquêteurs. Ils ignorent encore s’il y avait un ou plusieurs auteurs, et si une ou plusieurs personnes ont tiré. Le mobile reste également inconnu. Les suspects ont, en outre, eu largement le temps de s’éloigner du lieu de l’attaque. 

A ce stade, il est donc impossible de dire quand, et si, une arrestation pourrait avoir lieu. Le nombre d’auteurs, leur identité, leurs motivations et leur lieu de résidence restent inconnus.

* Nom connu de la rédaction

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