L'Association des entreprises électriques suisses (AES) estime que la Suisse va rater ses objectifs légaux en matière d'approvisionnement d'ici 2050 en raison de la lenteur des projets d'extension et de la forte demande. Pour étayer son propos, elle a publié lundi son premier indice d'approvisionnement en électricité.
Sur 100 points possibles, la Suisse n'en atteindra que 69 en 2050, indique l'AES. Elle table sur un indice de 82 points d'ici 2035. Ce recul serait lié à l'augmentation de la demande en électricité et à la sortie du nucléaire. Cet indice d'approvisionnement en électricité évalue dans quelle mesure l'objectif d'approvisionnement pour 2050 sera atteint.
Développer la production d'électricité
L'AES s'appuie sur son étude «Avenir énergétique 2050», elle-même fondée sur la stratégie énergétique et climatique ainsi que sur la loi sur l'électricité. L'objectif est de développer de manière ciblée la production d'électricité, de moderniser le réseau électrique et de le rendre performant au niveau transfrontalier.
Pour expliquer cet indice insuffisant, l'AES pointe une production hivernale insuffisante à partir d'énergies renouvelables, le développement stagnant du réseau électrique, des possibilités d'importation limitées et le manque de solutions socialement acceptables.
Manque de capacités de stockage
Avec 52 points en 2050, l'indicateur «flexibilité» a obtenu le plus mauvais résultat. L'AES fait valoir que les projets de stockage saisonnier ne progressent que lentement. La Confédération vise une puissance de deux térawattheures d'ici 2040, ce qui correspond à la consommation annuelle de 400'000 ménages. Mais pour l'instant, seule la moitié de cet objectif semble réaliste.
De plus, l'extension du réseau est trop lente (57 points) et les besoins en production d'électricité supplémentaire sont élevés (63 points). En revanche, l'extension des énergies renouvelables et la demande en électricité s'en sortent un peu mieux avec respectivement 83 et 86 points, mais ces indicateurs ne sont pas non plus capables d'atteindre les objectifs fixés.
Selon l'AES, l'indice sera désormais calculé chaque année et servira de système d'alerte précoce pour la sécurité d'approvisionnement. L'accent sera mis sur les semestres d'hiver.