L'Association des sociétés militaires suisses (ASM) dénonce «l'immobilisme qui règne depuis des années» en matière de politique de sécurité, d'armée et de finances. Sa patience à l'égard du monde politique est épuisée et elle examine des mesures «plus poussées».
«Nous continuons à nous en tenir, et ce pour les années à venir, à 0,7% du PIB pour les dépenses de défense, ce qui est honteusement peu et constitue un aveu d'impuissance pour la riche Suisse dans le contexte européen», a déclaré vendredi le président de l'ASM Stefan Holenstein lors de l'assemblée générale de la faîtière.
Après quatre ans de guerre en Europe, la Suisse n'est ni en mesure de se défendre ni apparemment disposée à investir les fonds nécessaires depuis longtemps pour l'équipement et le réarmement de l'armée, ajoute l'ASM dans un communiqué. L'ASM salué donc le relèvement de 0,8 % de la TVA pour l'armée comme «un signal fort» du Conseil fédéral en matière de politique de sécurité, «dans l'espoir que le Parlement et les partis suivent rapidement». Pour l'association, le Conseil fédéral et les Chambres «doivent impérativement assumer sans réserve leurs responsabilités» et s'unir pour soutenir une solution de financement susceptible de réunir une majorité.
«Une priorité absolue»
Président de l'Alliance pour la sécurité en Suisse, le conseiller national Reto Nause (Centre/BE) a en particulier appelé les partis bourgeois à faire front commun en matière de défense. Le commandant des Forces aériennes, Christian Oppliger, a lui déclaré que 36 avions de combat F-35 constituaient «le minimum absolu» pour la protection de l'espace aérien. Il a également souligné la nécessité de maintenir l'acquisition du système de défense aérienne Patriot.
Invité de l'assemblée générale, le conseiller fédéral Martin Pfister a assuré que la sécurité de la population constitue «une priorité absolue». L'augmentation temporaire de la taxe sur la valeur ajoutée est une solution viable à cet effet, a-t-il dit, cité dans le communiqué de l'ASM. Selon lui, il est «urgent d'investir rapidement dans l'équipement et le réarmement de notre armée, qui n'est toujours pas en mesure d'assurer notre défense».
En conclusion de son assemblée générale, l'ASM promet d'examiner «toutes les possibilités pour enfin mettre en oeuvre le financement durable» de l'armée. «Un plan parfait qui arrive avec des années de retard n'a aucune valeur» à ses yeux.