Le Tribunal régional Berne-Mittelland a reconnu lundi un ancien chirurgien bernois coupable de tentatives de lésions corporelles graves pour avoir implanté un disque intervertébral artificiel qui n'était pas au point à plusieurs patients. Il a été condamné à une peine privative de liberté de 17 mois avec sursis pendant deux ans.
L'accusé doit prendre en charge les frais de procédure et verser une indemnité de 4'000 francs à une partie civile. Pour le président du tribunal, cet ancien chirurgien a participé au développement du produit Cadisc-L. Cette prothèse discale est devenue son projet personnel prestigieux, a souligné le magistrat.
Entre 2011 et 2013, l'ancien chirurgien avait implanté ce produit à sept personnes à l'hôpital Salem de Berne. La prothèse discale de la société britannique Ranier avait présenté des défaillances chez toutes les personnes opérées par le chirurgien, leur causant des lésions à la colonne vertébrale.
Cette affaire a été dévoilée en 2018 par un pool de médias auquel participait notamment Tamedia. Le chirurgien aurait accompagné scientifiquement le développement de l'implant discal «Cadisc-L» et aurait lui-même implanté la prothèse chez ces sept patients.
Selon l'acte d'accusation, des tests effectués sur des animaux de laboratoire auraient déjà révélé des défauts. Le produit a malgré tout été mis sur le marché en 2010. Des complications graves seraient ensuite survenues chez des dizaines de patients à travers l'Europe. L'implant artificiel a ensuite été retiré du marché.
Le jugement rendu lundi n'est pas encore définitif.