Les autorités suisses ont abattu 89 loups pendant la phase dite «de régulation» entre septembre et janvier. La plupart d'entre eux ont été abattus dans le canton des Grisons, suivi du Valais.
Au total, huit cantons ont autorisé l'abattage: les Grisons, le Valais, Vaud, le Tessin, Glaris, Schwyz, Neuchâtel et Saint-Gall, selon les dernières statistiques publiées mardi par la Fondation Kora. Il s'agissait de la deuxième phase de régulation au cours de laquelle les cantons étaient autorisés à procéder à des abattages préventifs sur la base de la loi révisée sur la chasse. Cette année, trois prédateurs de moins ont été abattus par rapport à l'année dernière.
Les Grisons en tête
C'est le canton des Grisons qui a déposé le plus grand nombre de demandes auprès de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV), suivi du Tessin et du Valais. L'année dernière déjà, les Grisons, où vivent la plupart de ces canidés, dominaient clairement la chasse au loup. Les gardes-chasse et les chasseurs cantonaux avaient abattu 48 animaux.
Après les Grisons et le Valais, suivent le canton de Vaud (dix abattages de loups) et le canton du Tessin – avec 6 bêtes abattues. Cinq loups ont été victimes de la régulation à Glaris, quatre à Neuchâtel, trois dans le canton de Schwyz et deux à Saint-Gall. A Berne et à Obwald, les autorités disposaient d'autorisations de tir délivrées par l'OFEV, mais selon les dernières statistiques, aucun loup n'a été abattu.
Les associations critiques
Les autorités suisses voulaient réduire les attaques sur le bétail et parvenir à une coexistence entre l'homme et le loup. Les associations environnementales, quant à elles, insistent sur la protection des troupeaux.
Selon les chiffres nationaux, le nombre d'attaques sur les animaux de rente est resté faible. Mais cette évolution avait déjà commencé avant la chasse au loup de septembre à janvier, écrivent les organisations de protection de la nature Pro Natura, WWF Suisse, le Groupe Loup Suisse et Birdlife Suisse dans un communiqué commun.
«La clé d'une coexistence aussi pacifique que possible entre l'économie alpestre et le loup reste la mise en place et le développement de la protection des troupeaux», soulignent les associations. Elles demandent donc un contrôle de l'efficacité et des effets réels des abattages.
Elles critiquent également les «autorisations de tir discutables pour des meutes de loups discrètes» délivrées par l'Office fédéral de l'environnement (OFEV). De plus, des tirs erronés auraient eu lieu. Les associations de protection de la nature disent attendre des améliorations claires pour la prochaine phase de régulation. Elles observeront de près l'évolution de la situation, préviennent-elles.
Le loup a tué moins d'animaux en Valais
Le loup a tué 318 animaux de rente en Valais l'an dernier, contre 341 en 2024 et 401 en 2023. En matière de régulation, 27 loups ont été abattus entre le 1er juin 2025 et le 31 janvier 2026.
Sur les 318 animaux de rente tués, 191 l'ont été dans le Haut-Valais (pour 48 attaques) et 127 dans le Valais romand (pour 33 attaques), indique mardi le Service de la chasse, de la pêche et de la faune (SCPF), au moment de dresser un bilan 2025 sur le grand prédateur.
Ces attaques ont donné lieu à une régulation dite «réactive» avec trois loups abattus entre le 1er juin et le 31 août dans les régions de Goms-Aletsch, Sonnenberge-Lötschental et du Mattertal. Puis, dans le cadre de la régulation «proactive» entre le 1er septembre et le 31 janvier, 24 loups ont été prélevés.
Les autorités valaisannes rappellent qu'elles avaient obtenu le feu vert de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) pour éliminer complètement trois meutes, à savoir celles du Chablais, du Salentin et du Simplon. Le canton avait également demandé une régulation de base de trois meutes (Réchy-Anniviers, Nendaz-Isérables et Posette-Trient), ce qui permettait de prélever deux tiers des jeunes animaux nés cette année.