Sam Hallam est heureux de retrouver du travail quotidien. Ancien sélectionneur de la Suède, le Scandinave est désormais l'entraîneur de Genève-Servette. «J'adore sauter sur mon vélo pour venir à la patinoire», s'est-il réjoui lors de la traditionnelle conférence de presse d'avant-saison.
Depuis, sur la scène continentale, Sam Hallam a réussi ses débuts. Trois victoires en quatre rencontres de Champions Hockey League et déjà de bonnes chances de passer au tour suivant. Mais ce mardi, c'est la National League qui attend les Grenat et leur nouveau coach. Pour leur reprise, ils se rendent à Lugano. Avant cette rencontre, le coach s'est confié à Blick.
Sam, comment se passent les trajets à vélo à Genève?
J'emprunte le même itinéraire chaque jour pour l'aller-retour. C'est une très bonne manière de se repérer et de se déplacer. Pour aller à la patinoire, c'est super parce que c'est uniquement en descente, alors qu'au retour ça grimpe davantage. Le point positif, c'est que c'est un vélo électrique. Tout le monde me parlait du trafic ici en me disant que cela pouvait être fou par moments. C'est idéal pour dépasser toutes les voitures. Il y a tellement de monde à vélo ici que les voitures font attention. Non, franchement, c'est bien.
Cela fait un peu plus d'un mois que tu es arrivé ici à Genève. Comment s'est passée l'adaptation?
Au début, chaque semaine apportait son lot de nouveautés. Les deux premières semaines, j'étais seul ici, puis ma femme et mon plus jeune fils sont venus me rejoindre et se sont installés. Il a fallu les intégrer dans la routine. Mon fils joue au hockey ici, donc il a fallu qu'il s'adapte à une nouvelle équipe. Cela va tellement vite qu'on a l'impression que cela fait quelques jours, dans le bon sens du terme. Pour moi, il s'agit de rester calme. Concernant l'équipe, il y a eu beaucoup de nouveautés, beaucoup de nouvelles personnes, et c'est un plaisir de faire connaissance avec le staff et les joueurs. Cela dit, ce ne sont que les débuts.
Comment parviens-tu à trouver un équilibre dans ta vie avec toutes ces nouveautés?
Avec l'expérience de la vie et l'âge, on apprend qu'il faut parfois savoir s'éloigner du travail: s'occuper de son fils, se promener avec sa femme, prendre un après-midi de congé ou aller manger quelque part. Il faut équilibrer son temps: quand c'est l'heure du travail, on se focalise à fond dessus, et à d'autres moments, il faut se dire que c'est une journée de repos pour se vider la tête.
Entre nous, tu as vraiment eu beaucoup de jours de congé?
Non (rires). C'est pour cela qu'il faut les utiliser de manière intelligente. Parfois, lors d'un jour de repos, on a juste envie de rester à la maison et de ne rien faire. De notre côté, pour le moment, c'est plutôt acheter des meubles, du matériel de cuisine, etc. Nous avons une longue liste de choses à faire, mais nous prenons les choses au jour le jour. Tout ne va pas se faire en un claquement de doigts, c'est un processus. Tout comme pour l'équipe, finalement.
Te souviens-tu de la raison pour laquelle tu as décidé de quitter la Suède pour la toute première fois et te lancer dans cette aventure?
C'était un rêve depuis longtemps. J'ai arrêté de jouer tôt, à 25 ans. Si j'avais eu une carrière de joueur plus longue, je serais probablement parti vivre dans un autre pays, que ce soit la Norvège, le Danemark, la France ou ailleurs, juste pour accumuler de l'expérience et vivre à l'étranger. Là, je me suis lancé directement dans le coaching et j'ai passé près de 25 ans à faire cela en Suède. Ces dernières années, je voulais vraiment me tester en tant qu'entraîneur et vivre à l'étranger. La Suisse propose un très bon niveau, avec d'excellents joueurs et de très bonnes équipes. C'était donc une étape assez naturelle à franchir si l'opportunité se présentait.
En Suisse romande, quand on pense aux entraîneurs suédois qui débarquent, on pense évidemment à Roger Rönnberg, le coach de Gottéron. Quelle est ta relation avec lui?
Tant que Roger gagne, tout va bien (rires)! Plus sérieusement, il a entraîné Frölunda pendant mes 10 ans à Växjö, donc nous avons joué très souvent l'un contre l'autre. Je pense que c'est l'un des entraîneurs contre qui j'ai le plus envie de gagner, et je dis cela avec le plus grand respect. Je sais à quel point il travaille dur. Je le respecte énormément en tant qu'entraîneur et en tant que personne. Il montre tout de suite ce qu'il peut faire avec une équipe. En SHL, j'avais un titre de plus que lui (ndlr: Sam Hallam en a trois contre deux pour l'entraîneur de Gottéron). Maintenant il en a gagné un ici, donc j'en ai besoin d'un!
Lui as-tu envoyé un message avant de venir en Suisse ?
Oui. Je lui ai écrit dès qu'ils ont gagné le titre l'année dernière. Ensuite, on était à Fribourg pour le Championnat du monde avec la Suède. J'étais dans son bureau, qui était vide. Alors je lui ai juste écrit un message du style: « Hey, je ne savais pas que tu travaillais à mi-temps maintenant!» Nous nous sommes aussi croisés en match amical cet été. C'est toujours un plaisir de le voir. On peut discuter de la vie du point de vue d'un entraîneur, de la famille, du hockey. C'est toujours sympa de parler avec Roger.
On sait que son équipe travaille énormément à l'entraînement. Es-tu un entraîneur similaire ou un peu moins exigeant sur la quantité?
La différence est que je parle moins de la dureté de notre travail (rires). Je sais ce qu'il faut faire. Je suis extrêmement satisfait de l'éthique de travail démontrée par l'équipe jusqu à présent. Il y a une grosse charge de travail sur les joueurs. Nous devons maintenir ce niveau car la saison est longue et nous savons quand nous voulons être à notre meilleur niveau. Les gars travaillent très dur, aussi bien en salle de sport que sur la glace. Avec notre programme de pré-saison comportant seulement deux matches amicaux, nous avons vraiment eu le temps de nous entraîner, donc certaines semaines ont été très dures.
Qu'est-ce qui te fait penser que le titre peut revenir à Genève cette année ou durant les trois ans de ton contrat?
Une des raisons est que nous avons beaucoup de joueurs qui ont déjà été dans cette situation, qui ont déjà gagné et qui savent ce qu'il faut faire. Je suis très heureux de l'arrivée de Ramon Unterander, un défenseur d'expérience qui sait ce qu'il faut pour être une très bonne équipe, tout comme Noah Rod et d'autres joueurs qui faisaient partie de l'équipe ayant remporté la National League, puis la Champions Hockey League. Avoir cette fondation et cette expérience dans le vestiaire est énorme. J'espère pouvoir apporter de l'expérience sur ce qu'il faut faire, avec mes assistants Marco (ndlr: Bayer) et Christer (ndlr: Olsson). Il faut que certains rebonds aillent dans notre sens, et avoir de la chance avec les blessures. Beaucoup de facteurs doivent s'aligner pour que les dieux du hockey soient de notre côté.
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