Les critiques sont vives
Les projets de l'ASF concernant l'affaire Gianni Infantino

Pour l'instant, l'ASF ne s'est pas encore prononcée publiquement sur la question Infantino. En coulisses, toutefois, les dirigeants de la fédération sont à l'œuvre et cherchent à dialoguer avec diverses parties prenantes.
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Le président de la FIFA, Gianni Infantino, et le président de l'ASF, Peter Knäbel, à l'occasion du huitième de finale de la Coupe du monde opposant la Suisse à la Colombie à Vancouver.
Photo: TOTO MARTI
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Christian Finkbeiner

Gianni Infantino restera-t-il président de la FIFA? Depuis que son projet de vendre une partie de la FIFA et de ses Coupes du monde à des investisseurs privés a été révélé par les médias il y a un peu plus d'une semaine, l'avenir du Haut-Valaisan apparaît plus incertain que jamais.

Après que l'UEFA a balayé ce projet en décidant de boycotter les Coupes du monde, les manœuvres politiques autour de la présidence du football mondial se sont intensifiées. Opposants et partisans de Gianni Infantino se mettent en ordre de bataille.

La pression s'est également fortement accentuée au sein de la FIFA, après que plusieurs hauts responsables, parmi lesquels Mattias Grafström, Kevin Lamour et Arsène Wenger, ont pris leurs distances avec le président. Afin d'apaiser au moins les tensions internes, Gianni Infantino a convié ses principaux collaborateurs à une retraite à Rabat. Le choix du lieu est hautement symbolique: c'est dans la capitale marocaine que son avenir se jouera le 18 mars 2027, à l'occasion du Congrès de la FIFA.

Showdown à Salzbourg

L'Association suisse de football (ASF) ne s'est pas encore publiquement rangée dans un camp. Mais selon les informations de Blick, la direction de la fédération, emmenée par son président Peter Knäbel, est loin de rester les bras croisés ou d'attendre l'évolution de la situation. Le président multiplie les échanges avec les différents acteurs. Des entretiens en tête-à-tête avec de hauts responsables de l'UEFA sont notamment prévus en marge de la Supercoupe d'Europe entre le PSG et Aston Villa, à Salzbourg.

La ville autrichienne accueillera mercredi prochain un véritable bras de fer politique entre les fédérations européennes. La position de l'UEFA est en effet claire: son ancien secrétaire général, Gianni Infantino, n'a plus d'avenir à la tête de la FIFA. L'UEFA, ou une autre confédération comme la CONCACAF, qui s'est elle aussi opposée au président de la FIFA, devra toutefois présenter d'ici au 18 novembre un candidat capable de rassembler une majorité. Une tâche loin d'être simple. Certaines prises de position, comme celle du pays de Galles, première fédération nationale à retirer son soutien à Gianni Infantino, pourraient même compliquer cette quête de consensus.

Le lobbying plutôt que les déclarations

L'ASF désapprouve elle aussi le projet de Gianni Infantino. «Pour nous, tant le contenu de cette proposition que la manière dont elle a été élaborée étaient inacceptables», a déclaré son président Peter Knäbel. Quant à la lettre de soutien adressée à Gianni Infantino au début de la Coupe du monde, elle n'a désormais plus aucune valeur. La levée de la suspension de l'attaquant américain Folarin Balogun avant le huitième de finale du Mondial avait déjà provoqué de vives tensions au sein de l'ASF.

La fédération suisse évite toutefois délibérément les déclarations fracassantes. Peter Knäbel, élu président il y a un peu plus d'un an, sait que les campagnes électorales ne se gagnent pas avec des formules percutantes destinées à faire les gros titres, mais grâce à un patient travail de lobbying en coulisses. Car le véritable verdict tombera le 18 mars, lors du Congrès de la FIFA à Rabat.

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