La guerre est déclarée
Voici le plan de l'UEFA pour faire tomber Gianni Infantino

Le retrait du projet controversé de la FIFA ne calme pas les tensions. L'UEFA réclame désormais des comptes à Gianni Infantino, menace d'une action en justice et étudie même la création d'un tournoi mondial concurrent.
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L'UEFA veut renverser Gianni Infantino.
Photo: AFP
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Petar Djordjevic

Le projet controversé de Gianni Infantino est enterré, mais la bataille est loin d'être terminée. L'UEFA réclame désormais des comptes au président de la FIFA. En coulisses, plusieurs options sont étudiées: une action en justice, mais aussi la création d'une compétition mondiale concurrente à la Coupe du monde.

Si l'instance européenne a salué le retrait du projet visant à ouvrir les activités commerciales et l'organisation des Coupes du monde à des investisseurs privés, elle estime que cela ne suffit pas. Dans un communiqué publié samedi, elle exige davantage de transparence et entend faire toute la lumière sur cette affaire.

Dans les prochains jours, l'UEFA doit faire le point sur ce dossier avec plusieurs fédérations afin d'éviter qu'une telle situation ne se reproduise. Gianni Infantino n'est cité qu'une seule fois dans le communiqué, mais l'instance lui reproche de ne pas avoir tenu sa promesse d'une gouvernance plus transparente.

Une offensive contre Gianni Infantino

Officiellement, l'UEFA ne désigne pas directement Gianni Infantino comme responsable du projet. En coulisses, toutefois, la volonté de fragiliser le président de la FIFA semble grandir.

Selon le quotidien britannique «The Times», l'UEFA discuterait avec la CONCACAF et la Confédération asiatique (AFC) de la création d'une compétition mondiale de sélections nationales qui viendrait concurrencer la Coupe du monde. L'objectif serait de mettre la FIFA sous pression.

Une Ligue des nations mondiale

Toujours selon «The Times», l'UEFA dispose depuis 2017 d'un projet de Ligue des nations mondiale, jamais concrétisé jusqu'ici. A l'image de la version européenne, les équipes seraient réparties en plusieurs divisions selon leur niveau. Au terme de la phase de ligue, sept tournois finaux seraient organisés, chacun correspondant à une division, avec des quarts de finale, des demi-finales et une finale. Reste à savoir si ce projet verra réellement le jour. Une chose est certaine: l'UEFA cherche à accroître la pression sur Gianni Infantino.

Une source anonyme de l'UEFA a confié au «Times»: «Tout le monde est convaincu qu'il doit partir. Et si ce n'est pas le cas, nous prendrons toutes les mesures nécessaires.» Même si la CONMEBOL continue pour l'instant de soutenir Gianni Infantino, l'UEFA n'exclut pas d'intégrer les grandes nations sud-américaines à une éventuelle compétition concurrente.

«Les grandes nations sud-américaines préféreraient-elles affronter la France ou l'Espagne, ou le Liban et Djibouti?» s'interroge cette même source, laissant entendre qu'une coopération avec le Brésil, l'Argentine et leurs voisins resterait envisageable, quel que soit l'avenir de Gianni Infantino.

L'UEFA envisage aussi une action en justice

La pression ne s'arrête pas au terrain sportif. Par l'intermédiaire de ses avocats américains, l'UEFA a adressé une lettre à la FIFA et examine la possibilité d'engager une procédure judiciaire contre le projet «FIFA Forward Enterprises» (FFE), désormais abandonné. L'instance européenne exige également que tous les documents liés au dossier soient conservés, afin d'éviter toute destruction de preuves.

Quatorze dirigeants de la FIFA sont nommément concernés par cette demande, parmi lesquels Gianni Infantino, le secrétaire général Mattias Grafström, le président des comités indépendants Mario Gallavotti, ainsi qu'Arsène Wenger. Ce dernier a toutefois précisé mardi qu'il n'avait jamais participé à ce projet et qu'il entendait poursuivre sa mission au sein de la FIFA, consacrée au développement du football mondial des jeunes.

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