Le football peut souffler
Infantino rétropédale et enterre son projet de société privée à la FIFA

Gianni Infantino a abandonné son projet controversé d'ouverture de la FIFA aux investisseurs privés. Face aux critiques et divisions, il appelle à privilégier l'unité du football mondial.
Gianni Infantino est, à l'heure actuelle, le seul candidat déclaré pour les élections de mars 2027.
Photo: IMAGO/DeFodi Images
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AFP Agence France-Presse

Cerné par les critiques, le patron de la FIFA Gianni Infantino a renoncé samedi au projet d'ouverture de l'association à des investisseurs privés, qui faisait craindre une marchandisation du football sur fond de soupçons de conflit d'intérêt.

«Après avoir écouté attentivement tous les points de vue, il est devenu clair que le projet a créé des divisions (...) qui ne sont plus dans l'intérêt de l'objectif initial», a reconnu dans un communiqué Gianni Infantino, fragilisé par la démission de son conseiller principal, Carlos Cordeiro. «Notre but a toujours été, et sera toujours, d'unir et de progresser. La proposition ne sera donc pas retenue», a annoncé le dirigeant.

Vague de soulagement

Beaucoup s'inquiétaient de voir les compétitions dénaturées. «Nous nous réjouissons du fait que l'unité de toutes les confédérations et fédérations ait été privilégiée dans l'intérêt du football», a réagi sur X la Fédération de football mexicaine, en prenant acte du retrait.

La Confédération asiatique de football s'est félicitée samedi du retrait du projet d'ouverture de la Fifa à des investisseurs privés, appelant à faire preuve de «transparence» pour tout autre futur plan d'ampleur. «Le futur du football mondial doit toujours être organisé autour des consultations appropriées, du dialogue collectif et du respect pour les structures de gouvernances de notre sport», a écrit le président de l'AFC, Shaikh Salman.

Un projet controversé

Présenté mardi à la surprise générale, le plan de la FIFA, qui visait à porter à dix milliards de dollars le financement du développement du football dans les quatre prochaines années, était vivement critiqué sur le fond comme sur la forme.

Gianni Infantino entendait créer une société – la FIFA Forward Entreprise (FFE) – ouverte aux investisseurs privés qui aurait été chargée de gérer les activités commerciales et événementielles de l'instance du football mondial.

La FIFA voulait lever jusqu'à 4,2 milliards de dollars en cédant des parts de la FFE à des privés, qui seraient selon elle restés minoritaires, jusqu'à 20%. Si le projet avait vu le jour, chacune des 211 fédérations membres de la FIFA aurait pu recevoir une enveloppe exceptionnelle de 20 millions de dollars début 2027 et voir passer sa dotation sur la période 2027-2030 de 8 à 20 millions de dollars.

Prochaines élections dans le viseur

La FIFA avait donné jusqu'au 19 septembre à ses membres pour se prononcer, selon une lettre de Gianni Infantino aux 211 fédérations révélée par plusieurs médias. L'UEFA avait dénoncé un «ultimatum» et de la «gouvernance par la peur.

Ce calendrier très court s'expliquait aussi par les échéances électorales à venir pour Gianni Infantino, en course pour sa réélection au mois de mars 2027. Un scrutin dont il est pour l'instant le seul candidat déclaré.

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