Qui va remporter la finale des play-off de Women’s Super League? Servette Chênois s’est imposé 1-2 à Berne lors du match aller et n’a plus perdu contre Young Boys depuis le 17 août 2019. Les Grenat, qui ont notamment battu les Bernoises en finale de la Coupe de Suisse fin mars, partent avec les faveurs de la cote. Mais pourront-elles compter sur le soutien de leur public pour réussir le doublé?
«2000 spectatrices et spectateurs, ça serait déjà bien», avait espéré Laura Felber après le succès dans la capitale. 1012 personnes en quarts contre Aarau, 1502 face à Zurich en demies, le public genevois peine à se mobiliser pour soutenir l’équipe qui a dominé de la tête et des épaules la saison régulière. Selon ce que le club grenat a communiqué jeudi en fin d’après-midi, plus de 5000 tickets, côtés genevois et bernois, ont été écoulés.
A titre de comparaison, près de 8000 personnes étaient présentes au Wankdorf lundi, presque toutes acquises à la cause des protégées d’Imke Wübbenhorst. «Avoir un tel public nous donne une force supplémentaire, relève Malaurie Granges. On a la chance d’avoir des supporters qui nous suivent partout. Ils ont répondu présents autant à Winterthour (ndlr: pour la finale de la Coupe) qu’à Zurich (ndlr: pour les demies des play-off). Je suis convaincue qu’ils seront encore présents à Genève. On va essayer de leur offrir la victoire», espère la Valaisanne. Le club de la capitale a d’ailleurs affrété un train spécial pour ses fans ce vendredi.
Le tacle d'Imke Wübbenhorst
«J’ai toujours l’impression que Genève fait venir toutes ses équipes de jeunes avec un animateur qui leur montre comment applaudir et crier «Servette», avance l’entraîneure bernoise. Chez nous, ce n’est pas comme ça. Nous avons de vrais supporters qui nous soutiennent avec le cœur et la passion.» C'est bien connu, l’Allemande ne porte pas les Grenat dans son cœur.
Le soutien du public bernois ne suffira pas à mettre fin à la série de 22 matches sans victoire d’YB Frauen contre le SFCCF. Grâce à la réduction du score sur penalty (90e), les Bernoises gardent toutefois encore l’espoir de conserver leur trophée. «Ce n’est que la mi-temps de cette confrontation, il reste 90 minutes à jouer, rappelle Malaurie Granges. Je pense qu’on a toutes nos chances. On a montré en deuxième mi-temps qu’on était présentes, qu’on pouvait se montrer dangereuses et marquer. Donc ce n’est pas terminé.» Et Imke Wübbenhorst d’ajouter: «On veut maintenant montrer qu’on ne peut pas seulement bien jouer contre elles, mais aussi obtenir un bon résultat.» Arrivée à l’été 2022 dans la capitale, l’Allemande de 37 ans n’a encore jamais trouvé la solution pour battre les Grenat.
«Ce n’est pas un problème mental»
Est-ce que YB souffre d’un complexe au moment d’affronter sa bête noire? Si vous posez la question à l’entraîneure bernoise, elle vous assurera que non. «Non, je ne pense pas qu’on ait un blocage psychologique. Je crois simplement que dans les matches qui comptent vraiment, elles (ndlr: les Servettiennes) élèvent encore leur niveau parce qu’on est aussi une très bonne équipe. Elles ont beaucoup de qualités et grâce à leur expérience et leur efficacité, elles arrivent souvent à nous battre. Ce n’est pas un problème mental.»
Pourtant, la date du 17 août 2019 hante son esprit. Si vous avez le malheur de lui demander à quand remonte la dernière victoire de YB contre le SFCCF, Imke Wübbenhorst part au quart de tour, pour rester poli. Si vous posez la même question du côté grenat, on ne pourra pas vous le confirmer avec certitude. Outre-Sarine, on fait une fixette sur le fait que YB n’a remporté qu’un seul de ses 27 duels face aux Grenat. Au bout du lac, c’est juste un adversaire comme un autre, certes redoutable, mais qui lui convient bien.
La rengaine d’Imke Wübbenhorst contre Servette Chênois avait atteint son summum lors de la finale de la Coupe de Suisse 2024. «On aime encore moins perdre contre une équipe aussi dégueulasse», avait-elle réagi, à chaud, au micro de la «SRF». Si désormais l’Allemande, entre-temps devenue maman, s’est calmée dans son phrasé, elle n’en pense pas moins et imagine déjà sa vengeance en cas de triomphe. Sur un t-shirt, elle écrira: «Qui veut être vainqueur de la Coupe quand on peut être champion?»
