Un petit pas vers le doublé. En s'imposant lundi au Wankdorf contre Young Boys (1-2) lors de la finale aller des play-off, Servette Chênois a pris une petite option sur le titre. «Mais on sait que rien n'est fini, il reste encore 90 minutes», prévient Laura Felber, titulaire en défense centrale au côté d'Amina Muratovic, également formée au club. Après la réduction du score bernoise en toute fin de match, le coup de sifflet final a fait office de soulagement. «Elles poussaient, c'était le temps additionnel et on espérait juste que cela se finisse», poursuit la Genevoise de 24 ans. Les vainqueurs de la Coupe de Suisse n'avaient pas réussi à tuer le match plus tôt, elles ont souffert jusqu'au bout.
Ce but change beaucoup de choses. Les Grenat, contrairement à la demi-finale où elles s'étaient imposées 0-4 à Zurich, ne vont pas pouvoir se contenter de gérer au retour, vendredi à la Praille (19h). «Il faudra se mettre dans la tête que c'est un match à gagner et ne pas penser au fait qu'on a un but d'avance.» Celle qui joue au Servtte FCCF depuis le lancement du club, en 2017, n'est plus qu'à 90 minutes de pouvoir remporter un trophée dans le stade de sa ville, devant sa famille et ses amis. «Ca serait un sentiment particulier, c'est sûr», explique l'ancienne junior du FC Compesières. Près de 8000 personnes étaient présentes dans la capitale ce lundi. Mais l'engouement dans la capitale est bien plus important que celui au bout du lac. «2000 personnes, ça serait déjà bien.»
«On défend vraiment en équipe»
Cette saison, l'adage «la meilleure défense, c'est l'attaque» n'est pas celui adopté par le SFCCF de Cristian Toro: 23 matches de championnat, 17 sans encaisser de buts. Et, si YB n'avait pas marqué en toute fin de match, les Grenat auraient sans doutes été blanchies une 18e fois. «Oui, certes, on se prend un but. Mais c'est sur penalty. On reste très solides dans le jeu. C'est notre force. On défend vraiment en équipe et on sait être efficaces offensivement.» Le 0-2, inscrit en contre lors d'un temps fort bernois, est la meilleure preuve que Servette Chênois sait être «clinical», selon les termes sortis du polyglotte vestiaire grenat.
Sélectionnée pour la Coupe du monde 2023 en Australie/Nouvelle-Zélande et promise à un grand avenir, Laura Felber a progressivement disparu des radars de la Nati, voyant son temps de jeu diminuer, d'abord sous la houlette de Jose Barcala, puis de Cristian Toro. Mais elle revient au premier plan pour le sprint final. «J'était blessée, j'avais déjà manqué la finale de la Coupe (ndlr: victoire 1-0 contre YB) et j'avais des doutes pour savoir si j'allais pouvoir revenir à temps. Mais c'est pour ce genre de matches qu'on travaille dur toute l'année. Cela fait plaisir et maintenant j'en profite.»
16 jours pour boucler son mémoire
Blessée depuis le 22 mars dernier et un duel contre GC, Laura Felber est de retour au premier plan depuis le début des demies contre Zurich. Elle doit maintenant continuer à jouer de la sorte afin de retrouver l'assurance qui lui avait permis de s'envoler pour le Mondial. «Physiquement, c'est dur d'enchaîner directement les matches à ce niveau alors qu'on n'a pas eu de temps de jeu depuis six semaines. Mais maintenant, je me sens bien.» La Genevoise de 24 ans n'est pas du genre à douter, mais plus à tout donner et faire les comptes après. «Bien sûr que cela fait toujours plaisir d'avoir la confiance du coach, mais je connais mes qualités.»
Entre le match aller de cette finale et le retour, les joueuses n'auront que quatre jours de repos. Avec la chaleur, les organismes vont être mis à rude épreuve. Pas de quoi inquiéter la défenseure qui est également dans le sprint final pour boucler ses études et décrocher un Master en Sciences du sport. La Servettienne n'a plus que seize jours pour terminer son travail de mémoire. Concilier les deux est-il un problème? Pas quand on s'appelle Laura Felber. «Comme ça, l'après-midi, il y a un autre stress, je ne pense pas au football mais à mon mémoire», a-t-elle raconté, toujours avec le sourire. Mais vendredi, la défenseure sera à 100% pour aider le SFCCF à remporter le deuxième doublé de son histoire.
