«Comment on va fêter ce titre? Je ne sais pas. On aura trois heures de bus, on va déjà faire la fête», souffle Laura Tufo, médaille de vainqueure de la Coupe de Suisse autour du cou, après la victoire en finale face à Young Boys (1-0). Si la défenseure du Servette Chênois n'est pas au courant de la suite des opérations, c'est pour une raison bien précise. «On ne voulait pas trop se projeter et se porter l’œil», sourit-elle, impatiente de retourner célébrer avec ses coéquipières. «On veut célébrer ensemble, se prendre dans les bras.»
Les Servettiennes n'ont pas manqué de fêter comme il se doit l'obtention de la troisième Women's Cup de l'histoire du club. Un drapeau genevois et un mégaphone ont été «empruntés» aux supporters présents pour porter haut et fort les couleurs du canton. Après avoir communié avec leurs supporters, les joueuses sont restées longtemps sur la pelouse de la Schützenwiese. Comme pour prolonger ces instants. Ces scènes de liesse et de partage, difficile de les imaginer au terme de la première période. «C'était un match difficile, on n'a pas joué notre meilleur football», reconnaît Laura Tufo.
«C'est une sensation spéciale»
En première période, les Bernoises menaient les débats. Quelques minutes avant la pause, Enith Marcuello sauvait son équipe sur une frappe dangereuse de Lisa Josten (36e). «Young Boys est entré dans la rencontre avec beaucoup d'intensité. On a mis un peu de temps à suivre leur rythme de match, mais c'est vrai qu'à la mi-temps, on a réglé certaines choses qui n'allaient pas et on est mieux revenues des vestiaires», explique Paula Serrano. «Le coach nous a dit de dégager la première période et de poser notre jeu. On devait déstresser. Cela nous a aidées», ajoute Laura Tufo.
Dès la reprise, les Genevoises se sont montrées plus entreprenantes, jusqu'au but de la tête de Paula Serrano (50e), qui a remporté sa troisième Coupe de Suisse avec le SFCCF. «C'est une sensation spéciale», confie l'Espagnole, arrivée à Genève en 2018, peu encline à se mettre en avant. «Je suis très contente d'avoir pu aider l'équipe», évacue-t-elle avant de revenir sur ce but décisif. «Je ne sais pas trop ce qui s'est passé, le ballon est rentré et c'est ça qui compte, rigole-t-elle. On sait que dans ce genre de match, surtout dans les finales, les balles arrêtées peuvent faire la différence. On l'a bien travaillé pendant la semaine.»
Seule déception pour la milieu de terrain de 35 ans: le fait de jouer une nouvelle finale devant un public largement acquis à la cause adverse. «J'ai senti qu'il y avait 7500 personnes dans les tribunes. Même s'ils n'étaient pas beaucoup à être pour nous. On le sait, on est habituées à jouer des finales dans ces conditions», regrette-t-elle, saluant tout de même au passage les fidèles du SFCCF, présents à Winterthour.
