«Un rêve qui se réalise»
De Servette au Sénégal, l'inattendu parcours de Mickaëla Bottega

Mickaëla Bottega doit remplacer Enith Salon dans les buts de Servette Chênois pour la finale des play-off contre Young Boys. Ensuite, elle disputera la CAN avec le Sénégal, le pays de sa grand-mère maternelle, pour la première fois.
Mickaëla Bottega a l'occasion de fêter le doublé avec Servette Chênois, vendredi prochain à la Praille.
Photo: IMAGO/Urs Ottiger
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Florian PaccaudFlorian Paccaud - Journaliste Blick

«Aujourd’hui, je devais répondre présente.» Mickaëla Bottega avait la lourde tâche de remplacer la gardienne titulaire Enith Salon, gravement blessée à un genou en demies, dans les cages servettiennes lors de la finale aller des play-off de Women’s Super League contre Young-Boys, lundi au Wankdorf (1-2). «C’était important pour moi d’être dans la continuité de ce que ma coéquipière avait montré cette saison.» Pas une mince affaire.

L’Espagnole de 24 ans avait en effet placé la barre très haut: 16 blanchissages en 20 matches de championnat. «Oui j’avais la pression, mais c’était de la bonne pression», poursuit la No 30 du SFCCF. Même si elle a dû s’avouer vaincue sur un penalty de Maja Jelcic (90e), la portière de 32 ans a tenu son rang, comme sur les frappes de Malaurie Granges (45e et 77e) ou avec sa sortie décisive devant Jelcic (75e). «C’est mon rôle d’être prête à n’importe quel moment. J’ai donné tout ce que j’ai pu et je ferai pareil au retour.» Vendredi prochain à la Praille (20h), elle pourrait fêter son deuxième doublé coupe-championnat avec le SFCCF.

«Une histoire assez inattendue»

Mickaëla Bottega a débarqué au bout du lac en provenance du FC Sion à l’été 2023. Mais elle n’a jamais eu réellement sa chance devant les filets grenat, barrée d’abord par Inès Pereira, gardienne de l’équipe nationale portugaise, puis par Tinja-Riikka Korpela, portière de la Finlande, et maintenant par Enith Salon, championne du monde avec l’Espagne en 2023. «Ce sont les choix des coaches. C’est comme ça, c’est le football.» Un rôle peut-être ingrat mais ô combien important pour une équipe qui espère chaque saison tout rafler à l’échelle nationale. 

En acceptant son statut, l’ancienne sédunoise a permis un état d’esprit serein à ce poste si particulier. «Je trouve qu’on a une concurrence et une bonne cohésion dans le groupe des gardiennes. On se pousse et on apprend l’une de l’autre.» Malgré son temps de jeu réduit, Mickaël Bottega a tout de même pu découvrir, à 32 ans, les joies d’évoluer en équipe nationale. Elle défend désormais les buts du Sénégal, «une histoire assez inattendue».

La Française n’est pas née avec le passeport sénégalais, un pays dont elle s’est toutefois toujours sentie très proche de par ses liens avec sa grand-mère maternelle. «J’ai aussi des origines italiennes et allemandes, dont je pense que la fédération n’avait pas connaissance de mes origines sénégalaises avant qu’un agent ne la contacte. Puis le sélectionneur m’a appelée pour me demander si j’étais intéressée, il y a environ un an et demi. C’était important pour moi d’accepter.» Les démarches pouvaient être lancées, avec une première titularisation en avril dernier. «Et depuis, ce n’est que du bonheur.»

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«Le coach savait que je n’avais pas peur du ballon ou de me faire mal, alors il m’a fait rentrer au goal.»
Mickaëla Bottega
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Avec les Lionnes, Mickaëla Bottega ambitionne maintenant de disputer la CAN (25 juillet au 16 août au Maroc). Elle aurait dû se disputer ce printemps, mais elle a été repoussée une semaine avant le début de la compétition. «Pour moi cela a été bénéfique car je venais d’avoir ma première sélection donc ça aurait été un peu difficile de m’adapter aussi rapidement et de prendre mes automatismes avec mes nouvelles coéquipières.» Disputer cette finale contre YB lui permettra d’être au top pour le tournoi continental. «Quand j’en parle, j’ai des frissons. C’est un rêve qui se réalise.»

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Cette trajectoire peu commune récompense les trois ans où elle a accepté sans sourciller son rôle de doublure. D’autant plus qu’à la base, ce n’était pas son poste. «Quand j’étais jeune, je jouais avec les garçons, même si j’étais souvent sur le banc. Un jour, notre gardien s’est blessé. Le coach savait que je n’avais pas peur du ballon ou de me faire mal. Alors il m’a fait rentrer au goal.» Mickaëla Bottega n’en est jamais sortie. «Gardien, c’est un rôle ingrat. Mais ça représente bien ma personnalité et cela m’a construite en tant que personne. Avant, j’étais assez timide. Cela m’a permis de prendre confiance en moi, d’avoir plus de leadership.» Et surtout de se donner les moyens de concrétiser ses ambitions.

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