«Je le dis encore une fois...»
Le coach du FC Noah, un homme seul et costaud face à la meute

Les fans du FC Noah et les journalistes arméniens étaient très déçus après le match nul (2-2) face à Sion jeudi à Erevan. Le coach Sandro Perkovic a eu beau répéter dix fois la même chose, rien n'y a fait. Nathanaël Saintini sera-t-il présent au match retour en Valais?
Pas contents, les fans du FC Noah!
Photo: IMAGO/NurPhoto
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Tim GuilleminResponsable du pôle Sport

Une rafale! Sandro Perkovic savait-il à quoi s'attendre en entrant dans la salle de presse de l'Abovyan Stadium ce jeudi, peu après 23h? Le coach croate a du répondant, et un certain charisme. Pas de risque de le voir bégayer face à une vingtaine de journalistes arméniens.

Mais le fait est que le match nul (2-2) face au FC Sion, en ayant mené 2-1 et en ayant joué avec un homme de plus pendant 40 minutes, a fortement déçu les fans du FC Noah, qui ont exprimé leur mécontentement au stade et sur les réseaux sociaux. Le peuple arménien espérait mieux et l'a fait savoir! Et les reporters ont relayé cette colère et cette frustration.

Un homme seul face à la meute

Alors, le coach a défendu ses joueurs et lui, seul face à une vingtaine de journalistes plus ou moins remontés, à des degrés divers allant de «modéré» à «virulent».

«On voulait commencer fort et on l'a fait. Nos vingt-cinq premières minutes étaient très bonnes. Mais après leur carton rouge, on n'a pas été performants dans les zones 2 et les zones 3. On aurait dû faire circuler le ballon plus vite, on avait toujours une ou deux touches en trop. On aurait dû jouer plus vite dans le dernier tiers du terrain, devant leur but. On a eu de la peine à briser leurs deux lignes de quatre», a commencé par admettre le coach, lequel a été interrogé pendant trente minutes sur à peu près tout: sa composition, ses changements, ses choix, son approche du match, mais aussi et surtout sur le fait que Noah ne se soit pas imposé, et même largement, en ayant un homme de plus sur le terrain après le carton rouge de Nias Hefti à la 26e.

«Pourquoi ne pas avoir gagné 3-1 ou 4-1?», lui ont demandé les féroces journalistes arméniens, visiblement très déçus. «Je crois que vous ne vous rendez pas bien compte à quel point Sion est une bonne équipe, qui évolue dans un championnat de bon niveau. Je l'ai dit avant le match et je le redis: le championnat suisse, je le connais, il est le deuxième en Europe en termes d'intensité. J'ai un grand respect pour Sion», a répondu le Croate.

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Pas de quoi calmer la meute. «Sion n'est pas un top club en Europe. Et au tour précédent, contre le Zimbru Chisinau, un adversaire plus faible que Sion, votre équipe a également souffert», a contré un journaliste. «Contre le Zimbru, nous n'avons jamais tremblé. Et de nouveau: vous ne mesurez pas assez bien la qualité de notre adversaire», a répondu Sandro Perkovic.

La passe d'armes a duré de longues minutes, durant lesquelles le coach a dû rappeler son bilan. «Nous sommes invaincus depuis 25 ou 26 matches. Nous avons gagné la Coupe et la Supercoupe. Nous avons battu Ararat-Armenia 4-0, alors qu'ils brillent en Europe. Alors, si vous voulez que je dise que je suis responsable de tout ce qui ne va pas, très bien! Je prends sur moi! Quand on gagne, c'est les joueurs. Tout le mérite est pour eux, c'est très bien comme ça. Et quand on fait un mauvais résultat, comme vous estimez que c'est le cas ce soir, alors je suis responsable», a persiflé le Croate, qui n'est pas du tout du genre à se laisser faire. 

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Alors que le chef de presse lui a proposé à deux reprises d'interrompre la conférence, Sandro Perkovic, d'humeur batailleuse, a fait signe que non. On continue! «Sion a de grandes individualités, des joueurs de qualité, notamment en attaque. Vous pouvez penser qu'on a été naïfs sur les deux buts encaissés ou le carton rouge concédé en fin de match, mais ce n'est pas ma lecture. Le fait est que quand tu n'es pas concentré contre un tel adversaire, même une seconde, tu es puni. Mais rien n'est fait. On verra ce qui se passe là-bas jeudi prochain. Mais avant, on a un match à l'extérieur contre Shirak, pas simple à négocier.»

Une promesse? Quelle promesse?

Un reporter lui demande alors, de manière un peu surprenante, si le coach peut lui promettre un résultat positif en Valais jeudi prochain. «Promettre? Je dois vous promettre quelque chose? Non», a contré le technicien. «On aura un plan, c'est sûr, et on commencera à le préparer après le déplacement de dimanche.»

Reste une question avant le match retour: Nathanaël Saintini va-t-il monter dans l'avion en direction de Genève? Le défenseur central français a été plutôt convaincant ce jeudi à Erevan, lui qui n'a pas été déstabilisé par les sifflets des supporters du FC Sion à son encontre. Costaud dans les duels, bon dans l'anticipation, il a été à créditer d'une prestation correcte.

Mais un doute demeure: a-t-il réglé ses soucis avec la justice valaisanne, lesquels ont été rendus publics dans le bulletin officiel au début de l'année? Si oui, il sera du voyage. Si non, son employeur et lui auront une décision à prendre dans les prochains jours, potentiellement lourde de conséquences.

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