Le FC Sion affronte Noah jeudi
«Mère Arménie» veille sur Erevan, la ville aux sept collines

Le FC Sion et ses supporters vont avoir la chance de découvrir Erevan, une ville qui ne dort jamais... et ce dès l'arrivée à l'aéroport! Les livres, les fleurs, la couleur rose et Mère Arménie qui veille sur la ville: bienvenue au pied du célèbre mont Ararat.
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Tim GuilleminResponsable du pôle Sport

En buvant à l'ombre rafraîchissante des arbres centenaires du parc Tamanyan leur bouteille de Jermuk, l'eau locale, voire une Kilikia ou une Kotayk, les deux bières les plus populaires d'Arménie, les plus téméraires parmi les supporters du FC Sion se lanceront peut-être un défi en levant les yeux: gravir les 572 marches du gigantesque escalier de la Cascade d'Erevan, juste face à eux. Un défi un peu fou, la hauteur du complexe étant de 118 mètres, mais il n'y a a priori pas de quoi faire peur à de jeunes hommes habitués aux vallées alpines, si?

Le mont Ararat se dessine en face de la Cascade

Si l'envie leur prenait de se lancer à l'assaut de cette abrupte Cascade, ces intrépides Valaisans en seraient récompensés par une vue magnifique sur Erevan, cette ville épatante, riche d'un million d'habitants, et, surtout, ils pourraient observer les yeux dans les yeux le mythique mont Ararat, objet de tant d'histoires et de légendes à travers les millénaires. Depuis le haut de la Cascade, difficile de ne pas être pris d'un certain vertige en pensant à tous les événements, relatés dans la Sainte Bible notamment, s'étant déroulés à proximité immédiate du lieu où le FC Sion défiera le bien nommé FC Noah, référence évidente à l'arche du même nom, jeudi soir en Conference League.

Le mont Ararat, le fameux.
Photo: Getty Images

Voyager en Europe, c'est supporter son équipe bien sûr, mais aussi s'offrir des périples qui resteront dans la mémoire et, à ce titre, le tirage au sort a bien fait les choses pour le FC Sion cette semaine. Après un premier tour à huis clos, voilà de quoi largement compenser avec ce séjour en Arménie, l'un des berceaux de l'humanité.

Avant de penser à Amsterdam ou Dublin, il convient de profiter des beautés d'Erevan

Jaloux de leurs homologues servettiens et lausannois qui multipliaient les voyages de rêve ces dernières années (Tiraspol, Razgrad, Prague, Astana, Istanbul, Skopje...) pendant que Mario Balotelli et une politique de club funeste les envoyaient visiter Yverdon et Bellinzone en Challenge League, les fans du FC Sion espèrent désormais pouvoir visiter Amsterdam ou Dublin dans deux semaines, mais il s'agit surtout de profiter de l'instant présent et des beautés d'Erevan. Et il y a à faire!

Derrière le cheval, les 572 escaliers de la Cascade.
Photo: DR

C'est donc là, au pied du mont Ararat, que la délégation valaisanne a atterri cette semaine, et, si les joueurs ont eu droit à un vol en journée, il y a bien des chances que les fans valaisans soient arrivés en pleine nuit, comme l'immense majorité des voyageurs arrivant en Arménie.

Un monde fou à l'aéroport en pleine nuit

L'aéroport d'Erevan a en effet l'étonnante particularité d'être ouvert vingt-quatre heures sur vingt-quatre et d'être très (mais alors très) animé entre 2h et 5h du matin. Difficile d'imaginer atterrir à Cointrin à 3h? A Erevan, il s'agit de la normalité la plus banale et, en sortant de l'avion, voilà une file d'attente longue de près de deux heures pour passer le contrôle douanier, lequel est lui expédié en une minute et deux spassiba! Une fois que les formalités sont effectuées, voilà une foule considérable (à 4h du matin!) qui attend à la sortie du terminal et une valse incroyable de taxis et de voitures en tout genre. Un joyeux foutoir, plus ou moins organisé, et surtout beaucoup d'animation avec tous les commerces ouverts malgré l'heure.

L'aéroport à 3h du matin!
Photo: DR

Le ton est donc donné dès l'aéroport: Erevan est une ville qui ne dort jamais, où les supermarchés sont ouverts vingt-quatre heures sur vingt-quatre et où, comme partout sur le territoire de la défunte Union Soviétique, deux commerces en particulier se distinguent: les librairies et les magasins de fleurs. Aucune rue n'est privée de ces deux échoppes et, comme à Moscou, Kiev, Tbilissi et dans chaque ville de ce coin du monde, il est possible d'offrir des fleurs à sa fiancée à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit moyennant quelques pièces de la monnaie locale, le dram, qui permet parfois d'en éviter d'autres.

Des fleurs, partout et toujours.
Photo: DR

Erevan est une ville où la teinte rose est omniprésente, une pierre volcanique (le tuf) étant massivement utilisée dans l'architecture locale. Mais Erevan est également une ville qui se visite facilement à pied malgré ses très nombreux reliefs. Comme Rome, la capitale de l'Arménie est bâtie sur sept collines et il vaut la peine de les arpenter, notamment celle voisine du haut de la Cascade, accessible via un léger passage souterrain indispensable pour qui veut éviter de mourir un jour du mois d'août en Arménie en ayant tenté de traverser une route à quatre voies empruntée par des conducteurs locaux que l'on peut aisément et poliment qualifier d'intrépides.

La place de la République et son teint rose.
Photo: DR

En remontant à la surface, voilà que s'ouvre devant le visiteur le Parc de la Victoire et ses nombreux jeux pour les enfants, et où, après quelques centaines de mètres de marche, se dresse l'impressionnante statue de Mère Arménie, ce spectaculaire monument que l'on retrouve dans de multiples déclinaisons dans de très nombreuses ville de l'ancienne URSS.

«Mère Arménie» veille sur la capitale

La plus belle de toutes se trouve à Volgograd (Stalingrad pendant la deuxième guerre mondiale) et celle d'Erevan a un certain cachet, elle qui est entourée de chars d'assaut et de lance-missiles ornés de l'étoile rouge. Mère Arménie, Mayr Hayastan en version locale, veille sur la ville du haut de sa position imprenable, et mérite une visite respectueuse, elle devant qui se tient, vacillante mais courageuse, la flamme du soldat inconnu.

Mère Arménie et... un lance-missiles!
Photo: DR

Erevan est une ville aux multiples influences, c'est évident, elle qui est située au carrefour de la Russie, de la Turquie et de l'Iran. Et Erevan est aussi la capitale d'un état encore aujourd'hui en conflit ouvert avec son voisin azerbaïdjanais et qui a beaucoup souffert au cours des siècles. Pillée, incendiée, occupée, Erevan n'a pas connu une histoire tranquille, loin de là, et le monument consacré au génocide arménien du début du XXe siècle est un passage obligé pour tout visiteur désireux de comprendre où il met les pieds. Impossible également de ne pas se recueillir un instant en pensant au tremblement de terre de 1988 qui a ravagé l'Arménie: huit secondes meurtrières qui ont tué 30'000 personnes et ont fait plus de 500'000 sans-abri.

Photo: DR

Courageusement, Erevan s'est relevée de toutes ces tragédies et l'Arménie est toujours là, fière de sa culture millénaire. Elle n'est pas la capitale la plus accessible depuis l'Europe de l'ouest, déjà parce qu'il y est difficile d'y parler dans une autre langue que l'arménien ou le russe, mais il serait dommage de passer à côté de ces beautés et de ces charmes. Ses centaines de cafés très accueillants incitent à prendre une pause de quelques minutes et, si la chaleur est étouffante, les terrasses ont la bonne idée d'être équipées de brumisateurs qui viennent rafraîchir les visages et donc l'atmosphère.

Photo: DR

Il fait en effet largement plus de 30 degrés en ce début du mois d'août, ce qui explique également pourquoi la vie est aussi animée une fois que le soleil s'est couché sur Erevan et les températures devenues plus supportables. Les cafés et restaurants sont ouverts tard et Erevan, on l'a dit, est une ville qui ne dort jamais vraiment et où la vie n'est pas chère d'un point de vue occidental. Un café et un jus d'orange se prennent en terrasse pour moins de 1000 dram, à peine deux francs, et un bon repas au restaurant ne dépassera que rarement les 10 francs, boisson et café inclus.

La vue depuis le haut de la Cascade.
Photo: DR

Ah, et si jamais, chers supporters du FC Sion, si vous vouliez monter admirer la vue sans transpirer, des escalators se cachent sous la structure de la cascade, bien à l'abri des regards, pour arriver en haut sans vous fatiguer. Mais ce serait tricher, non?

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